Bibliothèques d’écrivains, sous la direction de Paolo d’Iorio et de Daniel Ferrer – Éditions du CNRS.
Cet ouvrage éclaire la notion de bibliothèque d’écrivains, réelle ou virtuelle, à partir d’un échantillonnage représentatif, du XVIIIe siècle à l’époque contemporaine, de Winckelmann, Montesquieu, Stendhal, Schopenhauer, Flaubert, Nietzsche, à Valéry, Joyce, Woolf, Pinget.
Ces bibliothèques permettent l’étude du processus créatif, acte individuel en interaction avec un espace social en faisant apparaître une intertextualité (*) invisible, se révèlent être un élément essentiel de la genèse des textes. Les outils informatiques autorisent une exploration nouvelle de ces corpus difficiles à appréhender. Parution : mai 2001.
(*) L'intertextualité est la perception, par le lecteur, de rapports entre une œuvre et d'autres, qui l'ont précédée ou suivie. Ces autres textes constituent l'intertexte de la première.
© Bibliothèques d’écrivains, sous la direction de Paolo d’Iorio et de Daniel Ferrer – Éditions du CNRS.
Les bibliothèques d’écrivains, réelles – quand elles ont été préservées par l’histoire – ou virtuelles – c’est-à-dire reconstituées à partir de carnets, registres, cahiers d’extraits et autres documents disponibles, ont depuis longtemps attiré l’attention des chercheurs. Elles sont aujourd’hui l’objet de nouvelles méthodes d’investigation.
Témoignages concrets d’intertextualité et de genèse, elles permettent d’observer le dialogue des livres et des manuscrits, l’espace transactionnel où l’écriture en train de se faire sur le déjà-écrit. Elles restituent aux œuvres une tension essentielle, en réactivant les liens parfois cachés que tout texte établit vers les autres textes, en ressuscitant la doxa, aujourd’hui oubliée, contre laquelle écrivait un Montesquieu ou un Nietzsche, ou en déployant l’intertexte invisible de Bouvard et Pécuchet et de Finnegans Wake, que cette dissimulation soit délibérée ou résulte de l’usure du temps. Les bibliothèques d’écrivains se révèlent être un élément essentiel de la genèse des textes, un élément que l’intérêt actuel pour les processus d’écriture ne peut se permettre de négliger.
En s’appuyant sur les exemples particulièrement significatifs de Montesquieu, Winckelmann, Stendhal, Schopenhauer, Flaubert, Nietzsche, Joyce, Virginia Woolf, Valéry et Pinget, ce volume s’efforce d’analyser la diversité des pratiques de lecture-écriture chez les essayistes, philosophes, romanciers et poètes.
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Paolo D’Iorio, philosophe, chargé de recherche au CNRS, est spécialiste de Nietzsche. Il a publié plusieurs essais en Italie, en France, en Allemagne, ainsi que des éditions de textes (Les philosophes préplatoniciens, Éd. de l’Éclat ; Écrits de jeunesse, Bibl. de la Pléiade, Gallimard).
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Daniel Ferrer, directeur de recherche au CNRS, a publié des ouvrages sur Virginia Woolf, James Joyce, et sur la théorie littéraire. Coéditeur de l’Ulysse de Joyce dans la Bibliothèque de la Pléiade, rédacteur en chef de la revue Genesis, il prépare une édition de carnets de Finnegans Wake.
En marge de ce billet :
Vanessa de Senarclens - La bibliothèque retrouvée - Éditions Zoé.
En mars 1945, l’Armée rouge entre en Poméranie. À deux cents kilomètres au nord-est de Berlin, l’immense bibliothèque du château de Plathe, trésor de plusieurs générations, se volatilise dans l’Europe en ruine.
Sept décennies plus tard, Vanessa de Senarclens accueille dans son bureau un meuble à tiroirs appartenant à sa belle-famille: un catalogue qui recense seize mille ouvrages, dont un volume clandestin de Voltaire, un Aristote préfacé par Érasme, les fleurs de Maria Sybilla Merian. C’est la bibliothèque perdue de Poméranie. Armée d’une solide formation d’historienne et d’un sens de l’humour salvateur, l’enquêtrice décide d’en retracer la trajectoire. Elle dresse le portrait de celles et ceux qui l’ont fondée, conservée et enrichie, de la Prusse des Lumières jusqu’à l’horreur nazie. En interrogeant aussi les derniers témoins de la collection intacte et le silence qui s’est imposé après la guerre, ce livre fait le pari qu’un récit peut transmettre même ce qui a disparu.
Petite bio...
Née en 1968 à Genève, Vanessa de Senarclens vit depuis 1996 à Berlin. Spécialiste des Lumières, elle enseigne la littérature française à l’université Humboldt. Il y a une dizaine d’années, un catalogue appartenant à sa belle-famille atterrit dans son bureau: les 16 000 livres qu’il recense ont disparu. Pour raconter cette histoire, elle s’échappe des sentiers académiques et trouve sa voix, dans La bibliothèque retrouvée, à la frontière du récit littéraire de l’essai.
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Histoire, mémoire, oubli - En attendant Nadeau
Vanessa de Senarclens reconstitue l'histoire de la très riche bibliothèque de Plathe, fondée au XVIIIe siècle dans La bibliothèque retrouvée
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© Karl Graf von Bismarck-Osten dans la bibliothèque de Plathe © CC-BY-SA-4.0/Stiftungvbo/WikiCommons
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