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Le bibliophile Heurtebise

Le bibliophile Heurtebise

Anciennement librairie Heurtebise, "le bibliophile Heurtebise" propose des informations culturelles en relation avec les métiers du livre, mais aussi des descriptifs de curiosités bibliophiliques. Actualités littéraires, critiques, salons, foires aux livres...


De la bibliophilie... et de quelques grands noms !

Publié par HEURTEBISE sur 19 Mars 2024, 08:37am

Catégories : #Infos Heurtebise

Le terme bibliophile apparaît vers 1740. Ceci s’explique par le nombre croissant d’amateurs qui cultivent le goût des beaux livres. On les bichonne plus qu’aux siècles précédents en les vêtant de maroquin, en les dorant sur tranches, en les doublant de tabis et en rehaussant dos et plats de petits fers. Et surtout on les conserve jalousement. Il n’est pas rare de lire cette mention sur les premières pages : "Ce livre est à moi". Ce qui caractérise les amoureux des livres, c’est cette revendication d’absolue propriété.

Le Littré définit laconiquement la bibliophilie comme l'amour des livres. Plus largement, l'expression fait référence à la collection de livres anciens, livres rares, éditions originales, belles reliures, envois autographes d'auteur, incunables, manuscrits...

- Tableau de Kersting -

- Tableau de Kersting -

Voici quelques avis éclairés de trois grands collectionneurs à travers les âges :

Richard de Bury (1282-1345), dans son testament spirituel intitulé Philobiblon ("l'amour des livres", 1343-1345) se pose déjà aussi la question de l'accumulation des livres avant de faire don de la totalité de la collection à l'Université d'Oxford. Il envisage le rapport au livre sous la catégorie amoureuse, comme une passion moralement admissible car elle permet à l'homme de se détacher de l'amour terrestre, de se détourner de la vanité du monde pour s'adonner à l'étude. L'amour des livres, c'est pour lui la réponse la plus adaptée que l'homme pouvait donner à Dieu pour le remercier de l'avoir créé. Le texte de Richard de Bury est aujourd'hui encore considéré comme le premier traité de bibliophilie.

Les livres, dit-il, donnent la joie quand la fortune est prospère et ils consolent quand la tempête se déchaîne ; les arts et les sciences sont enfermés dans les livres ; devant les livres nous dévoilons sans crainte la pauvreté de notre ignorance ; les cités disparaissent, les tours croulent, les arcs de triomphe périssent, seuls les livres assurent la vraie immortalité. La preuve de l'importance des livres est qu'on y voit les choses qui ne sont plus comme si elles étaient encore, ils sont le miroir de l'éternité. Par les livres nous connaissons le passé, nous pénétrons en quelque sorte l'avenir, nous arrêtons un instant le flux des évènements.

-Richard de Bury -

-Richard de Bury -

Gabriel Naudé (1600-1653) eut lui aussi un rôle décisif dans l'histoire des bibliothèques et de la bibliophilie. Il fut notamment le bibliothécaire du Cardinal Mazarin ; il amassera pour lui en dix-sept ans de service près de 40.000 volumes, en faisant à l'époque la plus grande bibliothèque du monde. Dans son Advis pour dresser une bibliothèque (1627), il explique non seulement comment se procurer les livres (achats de bibliothèques entières, embauche de chineurs attitrés, correspondance avec l'étranger, valorisation de la tradition des manuscrits, budget, établissement de catalogues) mais aussi comment organiser sa bibliothèque (conservation, classement et agencement). Naudé envisage la bibliothèque comme une arme de lutte contre le dogmatisme.

Il n'y avait aucun moyen plus honnête et assuré pour s'acquérir une grande renommée parmi les peuples que de dresser de belles et magnifiques bibliothèques pour les consacrer à l'usage du public...

- Gabriel Naudé -

- Gabriel Naudé -

Gabriel Peignot (1767-1849), dans son Dictionnaire raisonné de bibliologie paru en 1802, définit le bibliophile ainsi :

Bibliophile. Ce titre convient à toutes les personnes aiment les livres ; le bibliographe, le bibliomane et le bibliotaphe paraissent y avoir le même droit ; cependant, je crois qu’il conviendrait mieux à l’amateur qui ne cherche les livres ni par état ni par passion ; à celui qui, dirigé par le seul désir de s’instruire, aime et se procure les bons ouvrages qu’il croit les plus propres à composer une collection intéressante par le nombre et la variété des articles. La philosophie, guidée par le goût, doit toujours déterminer le choix du bibliophile dans ses acquisitions. Entasser des livres sans discernement, n’est pas prouver qu’on les aime ; ce n’est donc pas celui qui a le plus de livres, mais celui qui possède les meilleurs, qui mérite le titre de bibliophile. Si le bibliomane est précieux relativement au commerce de la librairie, la bibliophilie l’est bien d’avantage relativement au progrès des sciences et des arts ; parce que, ne s’attachant qu’aux bons ouvrages, il rend nécessairement les ouvrages plus circonspects, plus difficiles et plus soignés dans leurs productions. Il nous semble donc que le titre de bibliophile ne doit appartenir qu’à celui qui aime les livres comme on doit les aimer, et nullement à ceux qu’une aveugle passion égare dans les recherches qui font des ouvrages qui, par une aveugle fantaisie, centuplent quelquefois de valeur.

- Gabriel Peignot -

- Gabriel Peignot -

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la bibliophilie… et encore plus ! J’ai apporté modestement ma contribution en publiant plusieurs ouvrages parmi le registre du livre ancien et de sa collection, dont voici quatre titres représentatifs :

© Bibliophile Heurtebise.

© Bibliophile Heurtebise.

La plume et le lutrin, souvenirs d’un libraire.

Publication LDH – 2011 – 18 €

Après plus de trente ans d’expérience, François Baget relate son activité de libraire en livres anciens. Il parle de son métier, de ses goûts littéraires, de sa façon de travailler, de son approche de la bibliophilie, avec des réflexions sur l’avenir du livre et de la lecture. Il raconte aussi de savoureuses anecdotes et brosse un portrait plaisant de certains de ses clients. In fine, petite approche du vocabulaire bibliophilique. 

 

Arthème & Gaspard. Les aventures d’une collection Le livre de demain .

Publications LDH – 2014 – 17,50 €

Une étude bio-bibliographique de la célèbre collection « Le livre de demain » des éditions Arthème Fayard. Une agréable promenade à travers 235 romans édités en 1923 et 1947, illustrés par les grands noms de la gravure sur bois : Beloff, Bruyer, Falké, Lebedeff, Foujita, Renefer... Avec la liste des auteurs et graveurs et de nombreuses reproductions. 

 

Glossaire des termes de bibliophilie et du collectionneur de livres anciens.

Publication LDH – 2020 – 17,50 €

L’auteur propose une présentation complète du livre ancien et de son vocabulaire technique qui permettra aux collectionneurs de s’y retrouver. Avec un chapitre sur le catalogage de votre bibliothèque et des conseils pour commencer une collection de livres anciens, suivi d’une bibliographie sélective des ouvrages à retenir concernant l’univers de la bibliophilie... Nombreuses illustrations en couleurs. 

 

Des faussaires en livres anciens & modernes.

Publications Bibliophile Heurtebise – 2024 – 17,50 €

Les faussaires en livres anciens et modernes possèdent leur histoire. De ce fait ils font partie du patrimoine bibliophilique. Il suffit d’examiner avec soin certains livres pour constater parfois une anomalie, une particularité bizarre, enfin une falsification.

Cet ouvrage a pour but de présenter l’histoire de ces virtuoses de la contrefaçon, de la parodie, et de la fraude, mais aussi découvrir les différents domaines dans lesquels ils ont œuvrés : fausses dédicaces, ex-libris truqués, faux mémoires, récits apocryphes, contrefaçons, pastiches de reliures anciennes, tirages inventés, etc... Nombreuses illustrations. (Lire à ce sujet l'article descriptif en suivant le lien ci-dessous.)

- Le bibliophile Jacob -

- Le bibliophile Jacob -

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