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Le bibliophile Heurtebise

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Anciennement librairie Heurtebise, "le bibliophile Heurtebise" propose des informations culturelles en relation avec les métiers du livre, mais aussi des descriptifs de curiosités bibliophiliques. Actualités littéraires, critiques, salons, foires aux livres...


La maison Charavay, le monde des autographes et le scandale Aristophil !

Publié par HEURTEBISE sur 14 Août 2025, 08:53am

Catégories : #Infos Heurtebise

La famille Charavay est surtout connue pour être une famille de libraires passionnés d'histoire depuis le XIXe siècle.

Antoine le père est fondateur de la première librairie Charavay à Lyon. Engagé très jeune dans l'armée révolutionnaire, il part avec Bonaparte en Égypte (1798). Après la grande crise de 1831 et la révolte des canuts, devenu veuf en 1833, ayant perdu père et beau-père, on le retrouve bouquiniste rue de l'Archevêché. De 1831 à 1948, c'est une histoire de plus d'un siècle de recherches historiques, d'expertises et de publications

La maison Charavay, le monde des autographes et le scandale Aristophil !

Marin Étienne Charavay, (1848-1899), de la même famille est un historien, éditeur et libraire. Il reprit en 1867, après la mort de son père Jacques Charavay la direction de la maison familiale avec l'aide de son oncle Gabriel Charavay et de l'écrivain Julie Lavergne. Toujours spécialisé dans le commerce des autographes et l'expertise des documents anciens.

Marin Étienne Charavay, (1848-1899)

Marin Étienne Charavay, (1848-1899)

Après avoir suivi les cours de l'École impériale des chartes, il obtient en 1869 le diplôme d'archiviste-paléographe avec une thèse intitulée : Essai sur l'administration de Louis XI en Dauphiné avant son avènement au trône.

Il établit la librairie au 3 rue de Furstenberg à Paris, à quelques pas de l'atelier où est mort Eugène Delacroix en 1863. « Des deux frères Charavay, Claudius, le cadet, s'occupait plus spécialement de la librairie. L'aîné, Étienne (plus communément appelé Stéphen), avait la haute main sur le département des autographes et dirigeait en même temps la revue de La Révolution française

La maison Charavay, le monde des autographes et le scandale Aristophil !

Une des plus célèbres ventes d'autographes s'est déroulée entre 1883 et 1885 à l’Hôtel Drouot. Il s'agit de la vente de la collection d'Alfred Bovet (*) . Le catalogue de la vente, rédigée de main de maître par Etienne Charavay et imprimé sous la direction de Fernand Calmette, constitue encore aujourd'hui une référence magistrale en la matière : « J'ai là sur ma table depuis près de dix mois, sinon davantage, un volumineux in-4°, de 880 pages qui forme bien le plus superbe ouvrage qui ait jamais été imprimé tant en France qu'à l'étranger sur le sujet qui nous occupe [les autographes]. Ce livre sera fréquenté comme une cathédrale par tous les dévots d'autographes ». (Octave Uzanne, Les Zigzags d'un curieux).

 

******************

(*) Né à Boudry (Suisse) en 1841et décédé en 1900, Alfred Bovet a profondément marqué l’histoire industrielle du Pays de Montbéliard. Associé-gérant des usines Peugeot Frères, collectionneur d’autographes de réputation internationale, il est surtout un fervent wagnérien de la première heure. Son abondante correspondance témoigne des liens d’amitié noués avec Richard et Cosima Wagner, ainsi qu’avec nombre de leurs proches et amis. Bovet est également l’un des « patrons » de la Revue Wagnérienne de Paris et l’un des mécènes majeurs du Festival de Bayreuth. Enfin, cet insatiable collectionneur avait réuni dans sa demeure, à Valentigney, plusieurs milliers de manuscrits rares ainsi que des toiles de renom, dont deux rares portraits de Wagner, réalisés par son cousin germain : Edmond de Pury.

La maison Charavay, le monde des autographes et le scandale Aristophil !

En 1945, Michel Castaing reprend la succession Charavay, établie 3 rue de Furstenberg à Paris, C’est son fils Frédéric ancien professeur d’histoire, qui lui a succédé.

(Michel Castaing, -1918/2004 - est un historien ainsi qu’expert en paléographie et libraire. En 1961 il crée le Mémorial de Chavanne, mémorial consacré à la mémoire de 9 résistants fusillés en 1942 et 1944.)

« Les catalogues de ventes de livres ou d’autographes des librairies et de ventes publiques, en raison de l’intérêt historique et de la qualité qu’ils présentent, ont acquis au fil des années leurs lettres de noblesse, notamment dans le domaine de l’érudition depuis les libraires parisiens de Bure et Charavay, et ont contribué à l’élaboration d’une science nouvelle, la bibliographie… Le premier catalogue de librairie conservé date de 1841, il vient d’Angleterre et émane du libraire londonien Henri G. Bohn (Henry George Bohn (1796 – 1884) était un éditeur britannique); pour la France notre collection commence en 1845, avec le libraire parisien Jacques Charavay. »

Archives nationales, Introduction à l’Inventaire de la sous-série ABXXXVIII.

La maison Charavay, le monde des autographes et le scandale Aristophil !

Noëlle Joly, propose dans un article publié en 2015 dans la revue Valeurs Actuelles, une intéressante étude sur le monde des autographes et manuscrits divers. (Voir ci-dessous.)

Elle rappelle l’escroquerie financière de la société Aristophil ; le musée des Lettres et manuscrits (222 Boulevard Saint Germain – Paris), fermé depuis 2015, qui abritait la collection de Gérard Lhéritier ; les cotes inimaginables de prestigieuses signatures : Rimbaud, Proust, Breton , le Testament de Louis XVI, Céline...

Vous pouvez découvrir la richesse de cette institution (*) en suivant les liens ci-dessous.

(*) Aristophil est une société française dont l'objet était la collecte, la possession et la revente de documents précieux du patrimoine écrit (manuscrits, lettres autographes…). Elle se finançait par la vente au public de parts indivises, présentées comme un placement financier avantageux. Fondée en 1990 par Gérard Lhéritier, elle s'est surtout développée dans les années 2000, en relation avec d'autres sociétés et marques comme le Musée des lettres et manuscrits ou le magazine Plume. Aristophil était basée à Paris et à Villeneuve-Loubet.

À la suite de soupçons d'escroquerie en bande organisée et des actions judiciaires qui en découlent, Gérard Lhéritier et sa fille sont mis en examen et Aristophil est mise en liquidation en mars 2015. La liquidation de la société publiée le 1er septembre 2015, s'est soldée par un passif de 1,2 milliard d'euros au détriment des quelque 18 000 épargnants. Les dirigeants d'Aristophil Belgique font l'objet, en juillet 2022, d'un renvoi en correctionnelle par le parquet général belge. En France, Gérard Lhéritier a assigné l'État pour « déni de justice » en juin 2022. Le procès, très attendu par les 18 000 victimes, devrait se tenir à la fin de l'année 2025.

 

Des révélations sur « L'affaire Aristophil », démontrent qu'il s'agit du plus gros scandale judiciaire dans le monde de la culture.

Le 9 novembre 2017, le procureur de Paris donne son accord pour que la juge d'instruction Charlotte Bilger propose une procédure dite de " plaider coupable " à Gérard Lhéritier, notamment mis en examen pour " escroqueries en bande organisée ", et aux huit autres suspects poursuivis dans " l'affaire Aristophil ", afin de clore un dossier qui n'a pas abouti à l'issue escomptée. À ce jour, la justice n'a pas rapporté la preuve que Gérard Lhéritier a échafaudé, via sa société, une " pyramide de Ponzi " visant à escroquer ses clients. Pourtant, depuis près de cinq ans, il est la cible d'articles vindicatifs qui ont ruiné sa réputation, il est affublé du surnom de " Madoff français ", ses biens sont saisis, ses comptes bancaires et ceux de sa fille, gelés.

À ce désastre personnel s'ajoutent le licenciement de ses 61 salariés et la spoliation des 18 750 clients qui ont vu leurs actifs (lettres et manuscrits) placés sous scellés et aujourd'hui dilapidés à vil prix dans des ventes aux enchères. Le scandale que constitue l'éparpillement des 130 000 pièces de la collection est sans précédent dans l'histoire du patrimoine culturel.

La journaliste Isabelle Horlans, qui a étudié le dossier, démontre que Gérard Lhéritier n'a jamais escroqué les acheteurs qui lui ont accordé leur confiance. Depuis 2004, il a multiplié l'acquisition de documents autographes précieux, faisant d'Aristophil un partenaire culturel puissant qui a éveillé la jalousie des uns, l'intérêt des autres. Pendant vingt ans, l'État l'a laissé exercer son activité, saluant ses expositions, partenariats et conférences. Présidents de la République, ministres, académiciens, écrivains, personnalités du monde des arts, comédiens, journalistes ont tant cru en lui qu'ils l'ont accompagné durant deux décennies. Plus de 700 articles ont fait l'éloge de ses initiatives.

La liquidation d'Aristophil donne désormais lieu à un vaste pillage de sa collection, notamment par les Archives de France. © Babelio.

 

© Isabelle Horlans - Affaire Aristophil : liquidation en bande organisée. - Le Passeur éditeur -  avril 2019.

© Isabelle Horlans - Affaire Aristophil : liquidation en bande organisée. - Le Passeur éditeur - avril 2019.

© Valeurs actuelles - Noëlle Joly - 21/05/2015
© Valeurs actuelles - Noëlle Joly - 21/05/2015
© Valeurs actuelles - Noëlle Joly - 21/05/2015

© Valeurs actuelles - Noëlle Joly - 21/05/2015

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