Le Testament d’Orphée ou ne me demandez pas pourquoi ! est un film expérimental écrit et réalisé par Jean Cocteau, sorti au cinéma en 1960.
Le film narre la mort et la résurrection du poète. Frappé par une balle, Jean Cocteau rebondit dans un autre temps. Vie et mort, présent et avenir, créatures mythologiques et imaginaires, angoisses et fantasmes se mêlent sans ordre chronologique pour composer le testament du poète-cinéaste.
En effet, Cocteau a pu produire ce dernier film testamentaire grâce à François Truffaut, ambassadeur d’une nouvelle génération de cinéastes et admirateur fidèle. Jean Cocteau, alors âgé de 70 ans, retrouve dans ce film ses acteurs favoris : Jean Marais en Œdipe aveugle, Maria Casarès et François Périer dans leurs costumes d’Orphée, Edouard Dermit en nouveau Cégeste. Jean Cocteau y incarne son propre rôle, celui d’un poète qui revient sur son itinéraire et traverse plusieurs épreuves, avant de mourir et d’accéder à l’immortalité.
Roger Pillaudin - Jean Cocteau tourne son dernier film - Journal du «Testament d'Orphée» - Éditions La Table Ronde - Novembre 1960 - Préface et illustrations de Jean Cocteau (24 dessins en noir hors-texte.)
Christian Soleil (*), dans sa biographie sur Jean Marais, révèle qu’à sa sortie à Paris en février 1960, Le Testament d’Orphée reçut de la presse critique des louanges, encensements, admirations, le plaçant d’emblée au Panthéon du cinéma français. Mais le public ne fut guère au rendez-vous, sans doute à cause du caractère très étrange du film, de sa construction décousue mais en réalité cousue comme un rêve, que les spectateurs ordinaires pouvaient considérer comme l’hermétisme de l’univers de Cocteau. « Ils ont en fait du mal à admettre qu’il ne faut pas chercher un sens derrière chaque signe, trouver une symbolique derrière chaque objet et chaque geste, mais simplement admettre les choses comme elles sont, à la manière des enfants dont Cocteau veut nous faire retrouver l’âme. »
(*) Christian Soleil rencontre Jean Marais pour la première fois au début des années 1990, alors qu'il s'apprête à publier une série d'ouvrages sur Jean Cocteau. Marais accueille chaleureusement le jeune journaliste et acceptera de le rencontrer régulièrement au fil des années. A Montmartre comme à Vallauris, à Lyon comme à Monaco, commence entre le vieil acteur et le jeune auteur une amitié prolongée par des relations épistolaires régulières. Marais mourra quelques mois après Edouard Dermit, le fils adoptif de Cocteau, un autre ami de Christian Soleil. Ce livre est une biographie de Jean Marais issue de plusieurs années de recherche et entrecoupée de souvenirs de rencontres et d'interviews menées par l'auteur.
Le Testament d’Orphée est un « film guide », dans lequel le poète incarne un être-temps et revient sur ses aventures esthétiques, nous conviant à visiter son musée intérieur. C’est une réflexion du cinéma sur lui-même, avec comme personnage principal le cinéaste en personne, plein de toutes les images qu’il a enfantées. Cocteau convoque les figures mythologiques de son œuvre protéiforme, la statue antique sous les traits de la déesse Minerve, l’homme-cheval, ou l’ange Heurtebise.
Et les dernières minutes du film...
Enfin, le poète arrive au palais en ruines de Pallas-Athéna. Un huissier en habit le fait longuement patienter puis le conduit à la déesse, à laquelle il désire offrir son hibiscus. Mais elle le transperce de sa lance et le fait déposer au sol par deux hommes à tête de cheval. La troupe de gitans le pleure en chantant. Il commente : « faites semblant de pleurer, mes amis, puisque les poètes font semblant d’être morts ». Il se relève avec les yeux grands ouverts de l'initié. Dédaignant la tentation du sphinx ailé aux seins nus, croisant sans le voir Œdipe aveugle s'appuyant sur sa fille Antigone, il chemine dans la campagne ensoleillée. Deux policiers à moto l’arrêtent pour vérifier son identité. Cégeste surgit ; affirmant que la terre n’est pas sa patrie, il le fait disparaître devant les policiers stupéfaits. La carte d'identité du poète se transforme en fleur d'hibiscus.
Distribution - Comme l'indique Jean Cocteau dans l'épilogue du film, chaque spectateur aura pu reconnaître plusieurs célébrités parmi les apparitions des « amis d'Orphée ».
Jean Cocteau : le poète Jean Cocteau / Orphée
Jean Marais : Œdipe
Maria Casarès : la princesse
François Périer : Heurtebise
Édouard Dermit : Cégeste
Claudine Auger : Minerve
Charles Aznavour : le curieux
Lucia Bosè : une amie d’Orphée
Yul Brynner : l’huissier des enfers
Françoise Christophe : l’infirmière
Gérard Chatelain : l'amoureux
Michèle Comte : la petite fille
Nicole Courcel : la mère maladroite
Henri Crémieux : le professeur
Luis Miguel Dominguín : un ami d'Orphée
Guy Dute : un homme-chien
Daniel Gélin : l’interne
Philippe Juzau : le premier homme-cheval
Jean-Pierre Léaud : Dargelos, l'écolier
Michèle Lemoigne : l'amoureuse
Serge Lifar : un ami d'Orphée
Daniel Moosmann : le deuxième homme-cheval
Brigitte Morisan : Antigone
Pablo Picasso : un ami d'Orphée
Jacqueline Roque : une amie d'Orphée
Françoise Sagan : une amie d'Orphée
Alice Sapritch : la reine des gitanes
Henry Torrès : le speaker
Annette Vadim / Roger Vadim : des amis d’Orphée
Francine Weisweiller : la comtesse qui s'est trompée d'époque
Marie-Josèphe Yoyotte : une gitane...
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