Certains auteurs à la notoriété établie ou à l’expérience confirmée se lancent dans l’autoédition. C’est une tendance récente qui témoigne qu’une barrière psychologique est tombée. On connaissait déjà les succès venant de l’autoédition et qui sont ensuite récupérés par des éditeurs. Ici c’est le contraire, des auteurs publiés traditionnellement vont vers l’autoédition.
Ce phénomène est intimement lié à celui des auteurs « hybrides » qui publient à la fois avec des éditeurs et en autoédition. Il est intéressant de constater que lorsqu’un auteur a gouté aux deux modes de publication il est rare qu’il en abandonne un par la suite. Presque tous continuent d’utiliser les deux.
Ces écrivains considèrent l’autoédition pour la liberté qu’elle offre. Quand on a subi les délais importants des éditeurs, leurs exigences diverses, des conditions financières serrées, ou un refus, elle présente bien des attraits. Et cela se comprend aisément !
Il s’agit aussi d’un moyen d’augmenter ses revenus. Dans un contexte de précarisation grandissante des auteurs, cela peut constituer une véritable bouffée d’oxygène. Parmi les stratégies possibles : remettre en vente soi-même des titres qu’un éditeur a cessé d’exploiter ; tester sans risque des genres nouveaux ; publier dans un délai très court pour coller à un évènement…
L’autoédition est de plus en plus considérée comme un complément nécessaire à l’édition traditionnelle. Ce n’est pas un hasard si la Ligue des Auteurs Professionnels, créée en 2018 pour défendre les intérêts des auteurs du livre, accueille ouvertement les autoédités.
Malheureusement l’autoédition souffre encore d’une image réductrice
Le décalage est frappant entre ces évolutions majeures et l’image que les médias généralistes - et aussi de nombreux auteurs - véhiculent de l’autoédition. La plupart du temps Amazon et le livre numérique sont présentés comme l’unique solution existante. Il serait temps de sortir de ce malentendu qui ne peut que contribuer à alimenter inutilement les polémiques.
En réalité, des plateformes d’autoédition françaises permettent d’autoéditer avec une distribution globale : les livres sont disponibles à la commande non seulement à la Fnac, chez Cultura ou encore Decitre, mais aussi auprès de certaines libraires indépendantes.
(Lire à ce sujet l’article que j’ai consacré à « L’autoédition », en suivant le lien in fine.)
Bookelis a été la première plateforme française à proposer une distribution globale dès 2013 en partenariat avec un grand distributeur. Une démarche qui s’inscrit dans une volonté de collaborer avec les libraires traditionnels.
Autre image propagée par des commentateurs trop pressés : l’autoédition serait un repaire d’auteurs de seconde zone qui ne parviennent pas à trouver un éditeur et veulent quand même publier à tout prix, poussés par un égo démesuré. C’est oublier les écrivains professionnels autoédités et tous ceux qui travaillent dur pour peaufiner leur écriture tout en se confrontant régulièrement aux lecteurs grâce à l’autoédition.
Il est temps de changer de disque et oublier une bonne fois le raisonnement: « si un livre n’a pas été publié par un éditeur, c’est qu’il est mauvais » ou la variante : « un bon livre trouvera forcément un éditeur ». Tout le monde sait que les éditeurs refusent des textes de qualité pour de multiples raisons.
De plus, du côté des auteurs l’ancien réflexe qui consistait à envoyer timidement son manuscrit à peine achevé à des éditeurs tend à disparaître. Il arrive régulièrement aujourd’hui que des textes soient autoédités sans avoir jamais été envoyés auparavant à des maisons d’édition. L’image d’Épinal de l’auteur attendant anxieusement le verdict de l’éditeur a du plomb dans l’aile !
Les libraires peuvent s’ouvrir davantage à l’autoédition
Il est incontestable que des libraires commercialisent des livres autoédités, nous le voyons tous les jours à travers les chiffres de ventes ; mais il est tout aussi vrai que d’autres refusent souvent de le faire. Tout auteur indépendant a une anecdote à raconter sur le refus méprisant qu’un libraire lui a opposé un jour. En réaction, ces auteurs développent un sentiment de rejet et favorisent l’édition numérique ainsi que les ventes en ligne. Ils orientent leurs lecteurs vers internet. Puisque ces libraires les prennent de haut ils feront sans eux, et qu’on ne leur parle pas ensuite de soutien à la librairie… Ainsi des amalgames infondés entre « un » libraire méprisant et « tous » les libraires se propagent.
C’est aussi un problème de cohérence : ces libraires ne peuvent pas d’un côté se plaindre qu’un livre autopublié leur soit inaccessible car il se trouve en exclusivité sur internet, et d’un autre côté considérer de haut les auteurs indépendants.
S’il est évident que les libraires ne peuvent pas accueillir tous les livres en rayon (par manque de place, de temps ou parce qu’un livre ne leur convient pas), ne peut-on pas attendre d’eux qu’ils soient ouverts et accordent quelques minutes à un auteur qui leur présente son livre ? Si c’est un livre intéressant, il faut lui donner une chance. Si c’est un refus courtois, l’auteur l’acceptera volontiers.
Chers amis libraires, l’autoédition recèle de très bons livres qui méritent votre attention. En vous ouvrant davantage à l’autoédition, vous éviterez par ailleurs de pousser des auteurs et leurs lecteurs vers « le tout » internet et la distribution en ligne.
« Pourquoi ne pas affecter un rayon de votre magasin consacré uniquement à l’autoédition ? Avec une signalétique adaptée, quelques flyers, une information en vitrine. Cela est facile à mettre en place. Souvent lors de mes visites en librairies je regarde, prends des photos, et ''m’amuse'' à concevoir la matérialisation d’un secteur « autoédition ». C’est surprenant ce que l’on pourrait faire ! » F. B.
Quelques rappels de bon sens également
Les auteurs doivent avoir conscience que les libraires ne peuvent pas leur accorder beaucoup de temps. La présentation doit être concise. Il faut accepter sans insister un éventuel refus. Il faut aussi, insistons sur ce point, professionnaliser la distribution : les livres doivent être disponibles chez un distributeur pour faciliter les commandes.
Amis auteurs, avant de démarcher un libraire préparez-vous et prenez soin d’assimiler les bonnes pratiques : préparez un dossier solide de dépôt-vente, offrez un exemplaire du titre, organisez avec la direction une séance de dédicaces ou rencontre conférence...
Libraires et auteurs indépendants veulent la même chose : vendre des livres. Il y a moyen de s’entendre. Travaillons en bonne intelligence pour que l’autoédition se développe au bénéfice de tous.
Source : Jean-Yves Normant - © ActuaLitté.com – 2018.
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