La bibliothèque est un symbole simple qui se lit comme ce qu’elle est : un contenant du savoir. Le plus souvent, la bibliothèque représente ainsi la somme de ce savoir, et de nos connaissances, notre accès à celles-ci. Toutes les particularités de la bibliothèque seront donc le reflet du savoir et de la connaissance du rêveur, des expériences accumulées et des leçons tirées de son vécu. La bibliothèque symbolise alors la sagesse relative à la connaissance acquise, celle qui peut se transmettre. Elle peut être symbolique de l’histoire d’un individu. C’est ainsi une intelligence plus qu’une banque de données qui est représentée.
Voici un court roman original mettant en scène « la bibliothèque » :
« La bibliothèque » de Jean Libis - Éditions du Rocher. 2000. 128 pages. - Préface de Philippe Delerm (*). ISBN 978-2-268-03529-1
Un homme taciturne d’une quarantaine d’années, vivant dans une ville du nord de Paris, obtient un semestre sabbatique et décide de le passer dans la bibliothèque municipale pour des recherches en histoire de l’art. Très vite, le projet initial se dilue : il s’égare parmi les rayons, fouille un dictionnaire de théologie en 28 volumes, dérive vers des lectures inattendues et, surtout, s’immerge dans l’atmosphère même du lieu – odeurs de vieux papier, bruits feutrés, lumière oblique, mémoire vivante des livres. Ce qui commence comme un simple séjour devient une quête intime, presque sensuelle, du passé et de soi-même.
(*) Philippe Delerm - Né le 27 novembre 1950 à Auvers-sur-Oise, il est l'auteur d'ouvrages de genres divers, dont La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules (Gallimard, 1997), recueil de textes courts évoquant les poèmes en prose ou de petites chroniques, qui connut un immense succès. Un essai lui a été consacré en 2005 : Philippe Delerm et le Minimalisme positif (éditions du Rocher, par Rémi Bertrand).
Pourquoi il faut le lire ?
Parce que Jean Libis (philosophe et écrivain, fin connaisseur de Bachelard) transforme une bibliothèque ordinaire en un véritable personnage : vivant, poétique, parfois drôle, toujours mystérieux. Le style est fluide, précis, plein d’images savoureuses et d’un charme un peu suranné qui donne envie de filer s’installer à son tour dans une salle de lecture. C’est un livre pour tous ceux qui aiment les lieux silencieux remplis de mots, les déambulations intellectuelles et la mélancolie légère des après-midi passés entre les rayons. Un petit bijou discret et profondément touchant.
« Contrairement à ce qu'imaginent la plupart de nos concitoyens, la Bibliothèque est un lieu où il fait bon vivre. Elle n'est sévère qu'en apparence, avec ses tables bien cirées, ses officiants en blouses grises, ses avalanches de reliures où dominent les bleus de nuit, les verts passés, les terre de Sienne, enfin son hall qui ressemble à une salle des pas perdus. Au-delà de cette physionomie un peu conventionnelle, elle réserve à ceux qui viennent l'habiter des sensations troublantes qui se laissent découvrir à l'usage, moyennant cette approche attentive et cette disponibilité des sens adoptées par les initiés. »
« Le narrateur obtient de son employeur un congé sabbatique de six mois pour mener des études d'histoire de l'art. Cet objectif le conduit à fréquenter assidûment la bibliothèque locale où il trouve tour à tour des ouvrages barbares puis passionnants et chronophages. Il prend ses aises et ose même fureter parmi les ouvrages de théologie et particulièrement sur un article qui l'intrigue et le pousse à dévier de ses études initiales. L'auteur peint bien plus qu'un lieu : des odeurs, des bruits indistincts, de la mémoire vivante et ces passagers ponctuels qui viennent recueillir l'information où elle se trouve. On plonge dans la quête du narrateur, un homme à la quarantaine bien sonnée, un solitaire à la poursuite de son passé, de ses souvenirs et qui en entreprenant des recherches soulève des idéologies jusque-là ignorées.
Livre sympathique au vocabulaire très riche, aux images presque drôles (l'aquarium, étape obligatoire avant l'entrée en salle, le jardin anglais vision de la place du narrateur où fourmillent les gastéropodes baveux...) et d'où se dégagent de multiples sensations. Et il y a un charme suranné qui se dégage de l'ambiance fort vieillote dans laquelle évolue notre personnage. Personnellement il m'a rappelé un stage passé dans une bibliothèque qui correspondait en tous points à la description formulée dans ce livre.
En somme, un bien bon moment qui m'a touché et m'a fait regretter de ne pas passer plus de temps parmi les rayons chargés de livres. Les bibliophiles pourraient trouver un fort écho avec ce livre. »
cf. Babélio. (Appréciation par Melopee).
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Rien ne vaut de passer un bon moment avec soi-même, à parcourir les rayonnages de sa bibliothèque intérieure.
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