Une lecture interprétative du roman Systorius à travers le prisme de la description codicologique d’un livre ancien. Quand la fiction rencontre la réalité...
L’affaire Systorius, l’énigme de la Rose Noire commence par la présentation d’un livre. Un livre ancien daté de 1590, date référente du monde des Incunabula, c’est à dire des premiers livres imprimés au cours du XVe siècle en Europe. (Les incunables ont été produits avant que l'imprimerie ne se répande sur le continent et ne remplace les documents manuscrits des copistes.)
Ce livre est l’un des nombreux « personnages » qui habite le roman (* Voir fin de l’article) car tous les éléments narratifs tournent autour du concept « Systorius ».
Science connexe de la paléographie, qui étudie l’écriture et ses aspects matériels, la codicologie est une discipline scientifique qui instruit le livre manuscrit comme objet matériel, c’est-à-dire comme support d’écriture, afin de mieux comprendre l'histoire du texte qui est parvenu jusqu'à nous. C'est ainsi qu'elle passe en revue les techniques de fabrication et les divers accidents qui ont pu affecter ces ouvrages. Elle s'intéresse également aux types de support (papier, parchemin), à la taille des codex, à leur couverture.
L’étude Systorius révèle de nombreuses informations, directes et indirectes, notamment sur le milieu dans lequel il a été produit, sa visée, son utilisation, ses possesseurs successifs. Elle permet d’en retracer l’histoire. Certains éléments peuvent aider à mieux cerner le contexte intellectuel, social, politique, et technologique de l’époque à laquelle il a été transcrit.
Voici le descriptif technique de l’ouvrage Systorius : il s’agit d’une méthode documentée et interprétative proposée par les experts et libraires en livres anciens.
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Extrait - page 18.
Systorius atque secreta silentii - Imprimé à Paris par Azraël Maier (*). 1490. Un volume grand in-4°relié plein veau d’époque à rabats. 363 pages foliotées. Fermoir argenté avec petite clé (mécanisme postérieur à la date d’impression, circa XVIe). Dos à cinq nerfs orné d'un décor formé de points dorés verticaux. Des cabochons à têtes polies enferment les quatre coins des plats. Coiffes propres et non usées. Encadrement d'un double filet doré sur les plats, fleuron doré azuré au centre, symbolisant une rose stylisée. Tranches jaspées de rouge. Sous le tranchefile de tête s’ajustent deux minces rubans de soie (signets). Reliure signée d’un monogramme ésotérique. (Une rose stylisée.) Les épaisses couvertures internes en parchemin ont été recouvertes d’un vélin ivoire. Au verso de la première, table manuscrite des gravures du XVe siècle. Ex-libris (**) au verso du premier feuillet de Chrysanthus Morbidelli de la congrégation de l'Oratoire de Fossombrone (XVIe) Oratorio della Compagnia di San Bernardino (Sienne). Impression en caractères romains sur 2 colonnes à 30 lignes. Quelques pages in fine dans cet idiome perdu que l'on appelle « gotique » qui plaide en faveur d'un dialecte germanique peut-être apparenté au gotique de Crimée, qui aurait survécu jusqu'au XVIIIe siècle. Titres courants, belle initiale peinte en rouge et bleu sur le premier feuillet de texte avec prolongements filigranés en rouge dans la marge intérieure, initiales peintes en rouge et bleu, pieds de mouche rouge ou bleus aux titres courants. Parfaitement complet des gravures, soit 16 planches gravées sur bois d'une grande fraîcheur. Et 43 planches gravées postérieurement. Dont plusieurs avec présence de taches de sang. Chacune porte un numéro et une signature. Deux frontispices gravés sur bois (rare) : allégorie au développement et à la symbolique de l’œuf. « La prime matière », suivi de « l’arbre de la destinée » dont sur chaque branche repose une sphère. – Bel incunable très frais aux initiales et lettrines de style comparable à l'unique exemplaire de la bibliothèque du Vatican. BAV (Bibliotheca Apostolica Vaticana) – cf :Service : Archivum Secretum Apostolicum Vaticanum.
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Notes :
(*) Azraël Maier. Installé à Paris, rue Saint Jacques, cet imprimeur est connu pour avoir imprimé environ 190 incunables. Son nom est connu des bibliophiles avertis. On peut trouver encore quelques-uns de ses livres à la bibliothèque Palatine à Heidelberg. Le fonds Incunabula est très riche. Mais aussi à la bibliothèque Széchényi à Budapest. Il existe quelques exemplaires aux Archives nationales de Prague. Hélas, très difficile d’obtenir une autorisation pour les consulter.
Extrait - page 25.
L’imprimeur Azraël Maier, fut questionné, puis torturé dans une cave près de chez lui. La confrérie de la Rose Noire voulait découvrir un secret. Parmi les connaissances d’Azraël, figurait un nommé Lucas Fennis, relieur lui aussi, mais sympathisant d’une fraternité invisible, dont le nom m’échappe. Ce relieur Fennis, publia en 1474 un livre d’astrologie avec des gravures alchimiques. L’histoire dit que les deux hommes se rencontrèrent une seule fois dans leur vie et échangèrent des planches illustrées. Azraël Maier, devant son refus d’obtempérer, fut vidé de son sang ! La confrérie de la Rose Noire, garda dans une bonbonne le sang de l’imprimeur. Celle-ci serait encore cachée dans une bibliothèque en Hongrie, jadis appartenant au fameux Matthias Corvin, prince humaniste...
(**) L'Oratoire de la Compagnie de Saint Bernardin fait partie de l'ancien couvent franciscain jouxtant la basilique Saint-François de Sienne. Aujourd'hui il héberge le Musée diocésain d'art sacré qui expose des œuvres de l'école siennoise datant du XIIIe au XVIIe siècle. - L’ex-libris au verso du premier feuillet est manuscrit, daté 1490 ; avec les mots Secreta silentii, soulignés à la plume.
Ce livre ancien présente une particularité troublante : une cachette est discrètement disposée à l’intérieur de chaque plat des couvertures de l’ouvrage. Ainsi on peut déposer dans ce soufflet invisible des pièces d’or ou documents papier variés, lettres, correspondance, etc...
Ainsi cette cachette a permis, à travers les siècles (environ 530 ans), de dissimuler de l’information, jusqu’à la découverte récente de disques CD-RW dont le contenu est de la plus haute importance !
La base données Bibale est muette, aucune occurrence référencée. Les notices décrivent les manuscrits conservés aujourd'hui, pourvus d'ex-libris, d'armoiries ou d'autres marques de provenance, mais Systorius est sorti des radars et n’a laissé aucune trace, donc il y a peu de chance de retrouver sa trace...
Bibale (IRHT-CNRS) a pour objectif de décrire l’histoire de la transmission des livres manuscrits et imprimés et des textes qu’ils contiennent par l’étude des collections anciennes et modernes et de leurs possesseurs. Les données de la base servent à reconstituer à la fois la trajectoire que chaque livre a parcourue pour arriver dans la collection où il est conservé aujourd’hui (à travers bibliothèques médiévales et modernes, collections publiques et privées, ventes publiques et collections de libraires) et les différentes collections qui ont existé à travers les siècles et qui ont détenu des manuscrits médiévaux. La base décrit à la fois les livres conservés aujourd’hui (pourvus de signes d’appartenance) et les livres attestés par les documents les plus divers (inventaires, catalogues, comptabilités, chroniques, correspondances etc.).
Extrait – page 9 et 10.
Lucas penché sur l’ouvrage termina la première couture. Le premier plat était solidement fixé, restait à en masquer la piqûre par une bande de maroquin, peau de chèvre épaisse tannée au sumac et à la noix de galle. Lucas regarda l’assistance avec fierté, s’essuya le front, prit un ton doctoral et demanda une lancette en argent, fine et coupante.
– Le codex plonge ses racines dans la profondeur des temps, dit-il. Il devint livre et son corpus est aujourd’hui établi par les plus doctes érudits de l’écrit.
Les trois apprentis regardèrent Fennis avec respect et aussi beaucoup de curiosité, mais ne risquèrent aucune question. Il continua :
– La finesse de ce parchemin imite à la perfection la continuité de la peau et donne l’impression de l’unité du cuir. Et pourtant ! Si l’œil humain a ses limites, il peut malgré tout apercevoir ce liseré marginal à peine visible à première vue et en tirer une conséquence. Celle-ci n’est point évidente et requerrait de l’œil un examen tout près pour comprendre l’artifice de ce plat de couverture !
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Lucas se rapprocha et orienta la lanterne. Les deux plis du soufflet donnait sur une large ouverture garnie de parchemin teinté en rouge. Le fond était tissé d’une étoffe rare appelée vélin de Pergame, moelleuse et souple comme la soie. Lucas avait ramené plusieurs rouleaux de ce papier, acheté au prix d’or aux maîtres papetiers de Fabriano.
Azraël enfila sa main et en estima la surface. Cet espace pouvait contenir plusieurs feuillets d’une correspondance cachée. Ainsi, on pouvait dissimuler un contrat notarié, un document secret, voire quelques pièces d’or...
Les yeux d’Azraël Maier brillaient. « Quelle belle, quelle intéressante création, bravo Lucas, je te remercie ! » dit-il avec enthousiasme.
Systorius est donc un livre intrigant. A plusieurs raisons :
- Il présente un ensemble de recettes ou formules alchimiques caractéristiques de l’époque (XVe). Ainsi Systorius appartient au domaine ésotérique.
- Des planches de gravures semblent témoigner d’un parcours initiatique que seuls des initiés peuvent interpréter. Une illustration La prime matière. On peut trouver trois interprétations de l’hermétisme, à savoir : une doctrine ésotérique fondée sur un savoir venant du dieu Hermès ou Thôt - Une doctrine occulte des alchimistes, au moyen âge. Dans un sens commun, le caractère de ce qui est difficile à interpréter, de ce qui est caché.
- Quelques planches présentent les signatures des membres de l’Ordre de la Rose Noire, ainsi que des taches de leur sang. Comme si le dépôt de sang était un marqueur de l’identité biologique des membres. L’idée est révolutionnaire pour cette période de la fin du Moyen-âge !
Extrait - page 60.
– Bien sûr ! Et le sang ? Je sais que mon père a donné une goutte de son sang. J’ai vu au milieu de l’ouvrage une série de petites taches rouges. Chacune d’elle était paraphée. Mais chaque page en combinait bien une dizaine. Dans un ordre bien établi ! Et cela sur bien dix pages…
– C’est tout simplement le matériel génétique du récipiendaire. En dessous de la tache vous verrez la signature. Et un petit numéro. C’est le code de référence de l’expertise biologique qui a été pratiquée en laboratoire.
- Le titre est sujet à de nombreuses interprétations ou par les experts internationaux. Le titre complet : « Systorius, atque secreta silentii », qui traduit du latin signifie : « Systorius et les secrets du silence ».
Une des explications du titre, écrit à la conjonction de la phénoménologie et de la métaphysique, pose que « le silence est ce qui précède la voix et la parole, le « dit de l'étant » en ses manifestations ». Au fil de sa pensée, Systorius nous fait rencontrer la plupart des grandes philosophies et concepts ésotériques pour, finalement, nous faire saisir que l'acte de silence est au principe du consentement qui permet de reconnaître et d'accepter la pluralité des consciences, comme le secret d'une infinie générosité. Aussi le silence - l'acte de silence - est-il intérieur à la réflexion philosophique.
- Il n’existe que deux exemplaires connus dans le monde.
L’un est la propriété d’un particulier reçu par leg par un acte notarié lors d’une succession. L’acte déclaratif stipule la remise de l’ouvrage Systorius en mains propres avec un certificat détaillé de la présentation du livre et de sa clé.
Extrait - page 16.
« Mademoiselle, votre père était un bibliophile averti. Quand il m’a informé de son désir de quitter le Brésil, il me rencontra discrètement à Genève et me donna certaines recommandations qui sont, bien sûr, notifiées dans mon acte, mais… »
Il reprit sa respiration, et d’une voix douce laissant émerger un sentiment de gène, il continua tout en tournant rapidement son alliance à sa main gauche.
« Mais, il possédait un livre ancien, que voici. Cet ouvrage était pour lui plus qu’un caprice de collectionneur érudit. C’était, il cherchait ses mots, un placement, pas uniquement financier, mais spirituel. On peut dire ainsi… Ce livre était en sa possession depuis de nombreuses années. »
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Après s’être éclairci la voix, le notaire continua :
« Ce livre a été donné à Monsieur Roëlland, par un archiviste de la bibliothèque de Prague. Retenez ce nom : Anton Krachwitz ! Il a fait promettre à votre père de ne jamais vendre ce livre. De le garder précieusement… Et de le transmettre. Ce bibliothécaire de Prague a ensuite demandé à votre père de lui donner une goutte de son sang, parait-il, qu’il a fait apposer sur une des pages de ce livre. C’est en quelque sorte sa signature d’appartenance. Mais, vous ne pourrez pas avoir d’autres renseignements, car Anton Krachwitz a disparu. Serait même décédé... Il reposerait au cimetière de Prague, près de la station de métro Želivského. »
L’autre exemplaire est archivé à la bibliothèque du Vatican : les Archives apostoliques du Vatican, (Archivum Secretum Apostolicum Vaticanum). En 2019, le pape François a publié une lettre apostolique Motu proprio datée du 22 octobre, renommant les archives des Archives secrètes du Vatican en « Archives apostoliques du Vatican ».
Par pure spéculation on ignore réellement sont classement. La cote d’archivage est sujette à caution pour plusieurs spécialistes… Il serait aujourd’hui impossible de faire une demande de recherche du titre.
Extrait - page 377.
Emilio de Bulgarino, membre de l’IOR (L'Institut pour les œuvres de religion) principale institution financière du Saint-Siège aurait demandé des éclaircissements sur la question de la franc-maçonnerie et l’appartenance de certains prélats à plusieurs loges. Mgr Girotti a rappelé, avec la Congrégation pour la doctrine de la foi, que l'adhésion à une loge maçonnique « demeure interdite par l'Église ». Ceux qui contreviennent sont en état « de péché grave » et « ne peuvent pas » avoir accès à l'eucharistie. - Emilio de Bulgarino cite plusieurs fois la Rose Noire et sa doctrine « Systorius » qui œuvreraient secrètement dans les secrétariats de dicastères de la Curie romaine.
Systorius a voyagé au cours des siècles. On peut remonter son parcours grâce aux témoignages de certains érudits qui ont eu l’ouvrage en mains. Quelques rares collectionneurs fortunés revendiquent sa possession : mais souvent ils restent discrets sur leur acquisition, ne mentionnant jamais l’origine de la provenance !
Extrait – page 13 et 114.
Il m’a fait part de ses trouvailles chez Erhard Löcker bien connu des bibliophiles de Vienne. Et puis, tomba dans mon oreille le mot « Systorius » ! Là, Sonia, je reçu un coup sur la tête !
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– Viktor me reçut à son hôtel. Le Steigenberger Hôtel Herrenhof . C’était le lendemain. Votre mère était absente… Ou alors, dans une pièce à côté. Silencieuse… Peu importe. Il me montra le document glissé dans une pochette plastique. Il était un peu gêné et ne voulait pas que je le touche. Ça m’a fait rire intérieurement ! Je l’ai vu, alors, quelques instants… Le document authentique. J’ai reconnu des signatures. J’étais sonné.
– Alors, qu’est-ce qui s’est passé ? Quelque chose vous a effrayé.
– Surpris ! Ça oui. Le précédent possesseur du Systorius, n’était pas Krachwitz… C’est quelqu’un d’autre ! J’en suis certain. Là, il y avait une faille… Je revois encore mon geste. Je m’approchai de la fenêtre. Viktor tenait toujours entre ses deux doigts la liasse de feuilles. J’inclinai sa main afin de mieux regarder. Mais il retira aussitôt le document. Manifestement il ne voulait plus me le montrer. Il parla d’autre chose… Affreusement gêné. Votre père changea brusquement d’attitude. Oui, c’est cela ! Il me remercia de ma confiance… Puis je compris qu’il fallait que je parte. Voilà. Je n’ai jamais revu votre père…
Extrait – page 204.
Krachwitz voyage en Europe. Négocie des contrats avec de grandes bibliothèques. Est demandé comme assistant d’expertise pour des fonds patrimoniaux. Une note stipule qu’il aurait participé à un inventaire à la bibliothèque de l'abbaye de Saint-Gall en Suisse. [cf. Cabinet d’expertise Roland Shamir - Genève - Fonds du cabinet des enluminures.]
L’administration de la bibliothèque refuse d’en parler prétextant la non existence de ce livre ! Pire, prétendant à une blague de bibliothécaires ou à un vieux fantasme d’historiens...
Extrait - page 399.
– Vous savez, ici, à Saint Gall nous possédons 1650 incunables répertoriés... Ils possèdent tous une « histoire » bien particulière. Et leurs descriptifs sont bien établis. Nous possédons, certes, quelques livres traitant des pouvoirs sataniques... Vous pensiez à un titre précis ?
– Oui. Systorius atque secreta silentii !
– Hum ! incunable diabolique, dites-vous ? Eh bien ce titre n’existe nulle part. C’est totalement bidon... C’est une pure invention de bibliothécaire à l’esprit tordu ou de pseudo historiens à l’esprit romantique...
– Ah ! Il me semblait qu’Anton Krachwitz avait effectué des recherches à ce sujet.
– Non, non... Ce sont des sornettes sans intérêt... Soyez-en sûr, il avait d’autres choses plus importantes à s’occuper que de ce pseudo livre.
(*) Baget François - Systorius. L’énigme de la Rose Noire - Éditions Maïa - 2023 - 472 pages - 30 € Ouvrage disponible en librairie, sur le site de l'éditeur et sur Amazon.
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Systorius - L'énigme de la Rose Noire
Sonia Roëlland se voit confier au décès de son père, lors de la succession, un livre ancien datant de 1490 : Systorius. Elle demande alors une expertise à un libraire parisien, la librairie Du...
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