Une des marques les plus visibles de la lecture d’un livre (ancien ou non) est l'annotation manuscrite.
La « fabrique de la lisibilité » comprend ainsi des gestes de lecteurs, désireux d'aménager le champ de leurs lectures, pour leur usage personnel ou pour celui d'autrui : il s'agit de gestes qui vont de l'annotation individuelle aux pratiques normatives de l'enseignement ou de l'édition savante, en passant par des formes d'écriture multiples qui, sur des plans différents, viennent encadrer un texte, l'expliciter, le mettre en perspective et ouvrir les voies de sa réception pour des lecteurs supposés dociles.
Un marginalium, (pluriel marginalia) est une note, un dessin ou un signe tracé en marge d'un texte manuscrit par le copiste apportant un complément d'information ou le lecteur universitaire ou liturgique désireux d'apporter ce complément, le lecteur souhaitant ajouter une pensée, une opinion, un enseignement au document. La marge est alors un lieu que l'annotateur peut investir sur ordre ou de son propre chef.
Le terme est parfois utilisé pour désigner des enluminures décoratives dans les marges des textes médiévaux. Certains prennent alors la forme de drôlerie sans rapport avec le texte. © Wikipédia.
Les marginalia, plus connus sous le nom d'annotation, étaient déjà utilisés durant l'Antiquité: On peut considérer que la scholie sur les manuscrits classiques constitue la première forme connue de marginalium. Pendant le Moyen Âge, les marginalia deviennent plus répandus. Il n'était pas rare de trouver des notes de l'auteur destinées aux scribes (greffier, secrétaire, écrivain public) ou encore des notes d'un copiste adressées à un autre copiste. Et pour rendre la communication plus facile, se développe, à la même époque, un système de signes qui apportent une information au texte. Les manicules, par exemple, représentent un dessin d'une main et lorsque les doigts montrent un paragraphe du texte, c'est que le lecteur doit y prêter plus attention. Également pour attirer l'attention du lecteur, il arrive que soient tracés des traits ou des flèches dans la marge. On trouve aussi des dessins représentant un homme de profil qui se termine en accolade et qui désigne le lien entre plusieurs phrases. À ces accolades, peuvent être ajoutés des mouchetures ou trèfles, à nouveau pour attirer l'attention du lecteur.
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De l'annotation aux marginalia
Une des marques les plus visibles de la lecture est l'annotation. La " fabrique de la lisibilité " comprend ainsi des gestes de lecteurs, désireux d'aménager le champ de leurs lectures, pour leu...
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Les marginalia sont également importants dans le domaine liturgique (scribe monastique). Plusieurs usages peuvent être relevés. Le premier concerne les annotations des livres saints qui facilitent l'usage desdits livres. Le deuxième usage apparaît lorsqu'un livre sacré est adapté pour une communauté différente ou un autre diocèse et comprend des informations tel que le siège de l'évêque et ou de l'abbé. Le troisième usage répond à un souci de mise-à-jour, lorsqu'un changement de texte serait trop coûteux ou pénible.
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Pourquoi des marges aux livres ? - Le bibliophile Heurtebise
Pourquoi y-a-t-il des marges dans les cahiers ? Les marges sur les cahiers et autres documents écrits ont été introduites principalement pour protéger le contenu des textes contre les dommages ...
https://bibliophileheurtebise.com/2024/12/pourquoi-des-marges-aux-livres.html
« Pourquoi des marges aux livres ? » Article : décembre 2024.
A l’invitation d’une discrète revue littéraire, la librairie le Feu Follet (voir lien ci-dessous) était récemment conviée à partager son regard sur un péché véniel du bibliophile, l’annotation manuscrite sur les livres dit marginalia. Cette offense pour certains, offrande pour d’autres, a une histoire aussi ancienne que le livre et nous a inspiré cette nouvelle enquête.
Comment retracer l’histoire et l’importance de ces annotations qui fleurirent dès l’origine en marge des imprimés ? Demander à un libraire d’écrire sur les marges, c’est solliciter une traversée de sa librairie, de son histoire, de son identité. Aussi, ne peut-il être objectif sur le sujet de l’étrange « manie » d’écrire sur les livres, car il en est tout à la fois l’admirateur et le contempteur, le complice et l’observateur.
© Librairie Le feu follet.
Marginalia : " Partout où il n'y aura rien... " : Éloquence de la marge | Edition-Originale.com
À l'invitation d'une discrète revue littéraire, la librairie le Feu Follet était récemment conviée à partager son regard sur un péché véniel du bibliophile, l'annotation manuscrite sur le...
© Librairie Le Feu follet - Note de Jean François, baron de Spon, Mémoires pour servir à l’histoire de l’Europe, depuis 1740 jusqu’à la paix générale signée à Aix-la-Chapelle, Amsterdam, 1749, t.3, p.51. Bibliothèque nationale de Russ
Les notes marginales de Voltaire, ainsi que sa correspondance, ses carnets de notes, et les autres documents personnels offrent aux chercheurs des possibilités rares pour « parvenir à une meilleure connaissance de l’univers voltairien ». Les liens entre les notes marginales de Voltaire et ses écrits sont incontestables. Bien souvent, les notes se retrouvent reproduites mot à mot, ou légèrement modifiées, dans les ouvrages historiques et philosophiques, dans les contes et les pamphlets, et surtout dans la correspondance. Leur importance est inestimable pour recréer l’image du « vrai Voltaire ». Ses annotations sont souvent la réaction immédiate à sa lecture, parfois elles expriment son opinion définitive, résultat de longues médiations. Dans tous les cas elles sont d’une sincérité frappante. Annotant ses livres, Voltaire ne se souciait ni de censure, ni de publicité.
Voltaire compte parmi les auteurs les plus célèbres des Lumières françaises avec entre autres Candide ou l’optimisme, et les Lettres philosophiques. Sa lutte contre les erreurs judiciaires et le fanatisme nous le rend proche, et en fait une figure parente de certains intellectuels du XXe siècle. La formule « On n’arrête pas Voltaire » est passée à la postérité ! Le Voltaire que nous présente Gillian Pink n’est pas le personnage public mais le lecteur. C’est dans l’intimité de sa bibliothèque, vendue après sa mort à Catherine II et conservée à la Bibliothèque nationale de Russie, une bibliothèque gigantesque de 3867 titres et de plus de 7 000 volumes que nous introduit cet ouvrage. (Voir illustration ci-dessus.)
Voltaire a écrit en marge de ses livres pendant plus de cinquante ans, de la veille de son départ en Angleterre en 1726 jusqu’à sa mort en 1778. Entre génétique textuelle, histoire du livre, histoire littéraire et étude littéraire, cet ouvrage montre comment Voltaire se servait de ses livres et des différentes sortes de notes qu’il avait l’habitude d’y laisser. Espaces blancs portant des annotations mordantes, signes non verbaux comme les nombres ou des barres, signets marquant les opérations de reliure et commentaires développés de lectures nous découvrent comment Voltaire travaillait, réagissait aux ouvrages de ses confrères et pensait.
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