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Le bibliophile Heurtebise

Le bibliophile Heurtebise

Anciennement librairie Heurtebise, "le bibliophile Heurtebise" propose des informations culturelles en relation avec les métiers du livre, mais aussi des descriptifs de curiosités bibliophiliques. Actualités littéraires, critiques, salons littéraires, foires aux livres... François Baget, rédacteur de ce blog, présente ses ouvrages concernant le monde du livre ancien.


Jorge Luis Borges et Genève !

Publié par HEURTEBISE sur 11 Septembre 2026, 09:02am

Catégories : #Coup de Coeur

Jorge Luis Borges (1899 - 1986) est considéré comme le plus grand écrivain, poète et essayiste argentin. Ce n'est qu'à partir des années 1950 qu'il est reconnu internationalement, notamment pour ses nouvelles, publiées chez Gallimard, qui le font connaître du public francophone puis européen. Privilégiant l'aspect fantastique de la littérature, son œuvre aura une influence majeure sur le courant du réalisme magique latino-américain.

Dans l’article Borges et Genève : entre mythe et réalité, publié dans la revue genevoise de géographie Le Globe en 2010, Bertrand Lévy rappelle à la page 7 que Genève était pour l’écrivain argentin comme « l’une de ses patries intimes. Il y vécut une partie importante de sa jeunesse entre 1914 et 1918 et y fit plusieurs autres séjours, jusqu’à sa mort, à Genève, en 1986. » À la suite de l’écrivain dans son Essai d’autobiographie, le géographe mentionne à la page 11 : « que la venue de sa famille à Genève avait été provoquée par la cécité grandissante qui frappait déjà son père, un avocat qui avait pris sa retraite anticipée, car il n’était plus capable de signer les documents officiels. La famille entreprit en 1914 un voyage en Europe, avec un arrêt obligé à Genève, où le père avait un rendez-vous important avec un célèbre ophtalmo. Le Premier conflit mondial éclata et la famille fut bloquée en Suisse durant cette période. »

© Bibliophile Heurtebise

© Bibliophile Heurtebise

Dans son ouvrage Borges en dédale, Edward Bizub souligne quant à lui, à la page 80, que « La raison d’être du séjour fut clairement l’inscription de Jorge et sa sœur Norah à l’école genevoise » et il en « déduit que le système éducatif genevois jouissait alors d’une bonne réputation dans les milieux bourgeois argentins. »

Selon Bertrand Lévy, à Genève, les parents de Borges, le jeune Jorge Luis et Norah, sa sœur cadette, ainsi que la grand-mère maternelle, demeurèrent au « 17, rue de Malagnou d’où ils avaient une vue sur l’Église russe et la cathédrale. »

- Portrait de Borges (1899-1986) -

- Portrait de Borges (1899-1986) -

Il parvient aussi à identifier, à la page 12, la maison où logèrent les Borges comme étant « aujourd’hui située au numéro 7 de la rue Ferdinand-Hodler. […] De fait, à l’époque de Borges, la rue Ferdinand-Hodler constituait le tronçon inférieur de la rue de Malagnou. […] On notera au passage que Ferdinand Hodler, mort en 1918, était considéré par Borges comme l’une des quatre figures tutélaires de Genève, avec Calvin, Rousseau, Amiel. »

On verra à la page 13 une reproduction d’une photographie du numéro 7, rue Ferdinand-Hodler prise par l’auteur. Toujours dans cet article, à la page 21, Bertrand Lévy indique encore que la dernière adresse de Borges à Genève était « au 28, Grand-Rue, c’est-à-dire sur la place Saint-Germain, derrière l’église du même nom […]. » (Voir photo).

© Bibliophile Heurtebise

© Bibliophile Heurtebise

À propos de ce dernier logement de Borges, il cite, à la page 26, l’ouvrage Comme la trace de l’oiseau dans l’air de l’ami de Borges, l’écrivain argentin Hector Bianciotti :

« Dans cette demeure de la vieille ville où il voulait que la rencontre avec la mort eût lieu, le sort lui avait réservé un retrait où la petite fenêtre devait créer un lien avec les maisons d’autrefois, là-bas – un lien pour qu’il meurt un peu chez lui, où la chaise à bascule de sa mère s’était immobilisée depuis des années. Faute de s’éteindre dans ce Buenos Aires qui, à l’entendre, n’existait plus, il voulait que la grande rencontre eût lieu là, dans le quartier de Genève où il s’était éveillé à la science vagabonde de la littérature. »

Bertrand Lévy a également pris une photographie de cet édifice, reproduite à la page 27, ainsi qu’une autre, visible à la page 28, de la plaque commémorative qui a été placée sur la façade latérale de l’édifice. Le géographe rappelle aux pages 26 et 29 que Jorge Luis Borges est décédé le 14 juin 1986 ; après un rite œcuménique à la cathédrale de Saint-Pierre, il est enterré au cimetière des Rois, dont on voit encore une photographie de l’auteur à la page 29.

© Bibliophile Heurtebise

© Bibliophile Heurtebise

Le grand écrivain argentin Jorge Luis Borges s'éteint à Genève le 14 juin 1986. Ce reportage vidéo suit la cérémonie funèbre, puis donne la parole à plusieurs personnalités qui lui rendent hommage. Hector Bianciotti souligne l'importance de son œuvre et de sa personnalité et cite un poème, Les Justes, qui illustre à ses yeux l'alliance de l'éthique et de l'esthétique qui le caractérise. Suivent les témoignages de Maria Kodama-Borges, dernière compagne de Borges (et sa femme depuis le 26 avril 1986), et de Michel Butor, qui expliquent l'importance que la Suisse revêtait pour lui.

(María Kodama Schweizer, née à Buenos Aires en 1937 et décédée 2023 à Vicente López, est une femme de lettres argentine, veuve et héritière de Borges. À sa mort, aucun document relatif à sa succession n'a été retrouvé, ce qui laisse planer un doute sur l'avenir du patrimoine littéraire de Borges.)

"Numéro 735 au cimetière des Rois à Genève, sous un if, vous verrez, il y a du buis.» Le lieu est répertorié dans tous les guides de voyage. Combien d’Argentins de passage à Genève sont allés sur la tombe de leur grand écrivain universel? Pendant des années, des promeneurs anonymes lui ont déposé des fleurs, des messages. En signe de bienvenue au pape François, Pierre Maudet lui a offert un peu de terre prélevée sur la tombe. Pour avoir son quart d’heure de gloire, l’écrivain chilien Eduardo Labarca a uriné dessus – enfin il a simulé, il a ensuite expliqué qu’il avait utilisé une petite bouteille d’eau. Il voulait dénoncer les mots complaisants du «citoyen Borges» à l’égard du général Pinochet. La tombe fait partie des plus visitées du cimetière-jardin de l’élite genevoise."

© Catherine Frammerie - Le Temps. 2018.

 

Dans le cimetière-jardin des Rois à Plainpalais, les inscriptions sur la tombe de l’écrivain argentin (1899-1986) sont aussi mystérieuses que ses écrits

Dans le cimetière-jardin des Rois à Plainpalais, les inscriptions sur la tombe de l’écrivain argentin (1899-1986) sont aussi mystérieuses que ses écrits

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