Quand le livre contient du poison... Arsenic et vieilles éditions.
Comme une réminiscence du roman d’Umberto Eco, Le Nom de la rose (*), en Allemagne, des dizaines de milliers de livres ont récemment été retirés des rayons des bibliothèques universitaires, suspectés d’être empoisonnés à l’arsenic. Il s’agit essentiellement d’ouvrages édités au XIXe siècle, reconnaissables par la présence d’une couleur vert émeraude sur leur couverture, leur reliure, leur page de garde ou leur tranche.
Les bibliothèques et les collections de livres rares renferment souvent des volumes dont les pages abritent des poisons : il peut par exemple s’agir de célèbres romans policiers ou d’ouvrages fondamentaux sur la toxicologie et la criminalistique. Mais les poisons décrits dans ces livres ne sont que des mots déposés sur des pages. Certains livres dispersés à travers le monde, quant à eux, contiennent littéralement du poison.
(*) Plus près de nous, rappelons-nous le roman Le nom de la rose, d’Umberto ECO, et son adaptation cinématographique de 1986, qui ont achevé de populariser l’idée du livre qui tue son lecteur. Dans l’ouvrage, l’auteur met en scène un vieux moine aveugle qui, devenu fou, empoisonne les pages d’un livre d’Aristote qu’il juge extrêmement dangereux pour la foi. Reprenant le mode opératoire dans les livres de Dumas Père, Eco imagine un livre enduit d’arsenic pour que le lecteur s’empoisonne petit à petit en se mouillant le doigt au fil des pages.
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Curiosités bibliophiles (3ème partie) : les livres empoisonnés - Le Dicopathe
Les livres tueurs Souvent usitée, l'expression "livre empoisonné" se réfère souvent de manière métaphorique au contenu des textes qu'il renferme. Il est en effet difficile de concevoir que ce...
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Ces livres toxiques, produits au XIXe siècle, sont reliés avec une toile colorée avec un pigment connu sous le nom de vert de Paris ou « Vert de Schweinfurt » et qui contient de l’arsenic. Ce complexe très toxique était également administré à l'époque dans les égouts parisiens pour tuer les rats. L'utilisation du pigment a ensuite été arrêtée à la fin du siècle en raison de sa toxicité, mais la plupart des livres qui en contiennent n'ont pas été détruits et ont depuis circulé dans le monde entier. En janvier 2024, le Guinness World Record a même enregistré le livre le plus empoisonné au monde. Il s’agit du livre d’un médecin américain intitulé, Shadows from the Walls of Death. Le livre contient 36 grammes d'arsenic !
Un bon nombre de ces ouvrages passent inaperçus sur les étagères et dans les collections. C’est pourquoi Melissa Tedone, responsable du laboratoire de conservation du matériel de bibliothèque du Winterthur Museum, Garden & Library, dans le Delaware, a lancé un projet baptisé Poison Book Project, qui vise à localiser et à cataloguer ces volumes toxiques.
Julien Navas tient dans ses mains gantées deux livres contaminés à l'arsenic qu'il a consultés fin mars à la BNF de Paris. Ces deux livres ne sont aujourd'hui plus réservables.
Ce n'est pas la première fois que des livres toxiques et empoisonnés sont découverts : à la bibliothèque de l’université du Danemark du Sud, trois rares volumes reliés datant des XVIe et XVIIe siècles avaient été passés au microscope. De grandes concentrations d’arsenic étaient présentes dans la couverture et l'encre des ouvrages.
Alors attention, inspectez votre bibliothèque ! En tout cas, si vous avez un vieux livre datant du XIXe siècle, vous n’êtes pas forcément obligé de paniquer et de le jeter… mais il faut prendre cela au sérieux, et le manipuler avec précaution.
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Ces livres verts sont toxiques, et plus répandus que vous ne le croyez
Au 19e siècle, un pigment vert toxique était utilisé pour colorer toutes sortes d'objets : des vêtements aux papiers peints, en passant par les couvertures de livres en toile. Une conservatrice...
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