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Le bibliophile Heurtebise

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Anciennement librairie Heurtebise, "le bibliophile Heurtebise" propose des informations culturelles en relation avec les métiers du livre, mais aussi des descriptifs de curiosités bibliophiliques. Actualités littéraires, critiques, salons, foires aux livres...


Du « Banquet » à « Millenium », les écrivains se mettent à table...

Publié par HEURTEBISE sur 18 Décembre 2025, 09:50am

Catégories : #Infos Heurtebise

Il suffit de pousser la porte d'une librairie pour s'en convaincre : la cuisine et les livres vivent une véritable lune de miel. Plus que jamais, les tables des librairies regorgent d'ouvrages de cuisine comme autant de victuailles sur les étals des marchés. Il y en a pour tous les goûts : pains, pâtes, fromages, truffes, charcuterie, viande, fromage, légumes, fruits et desserts, vins et spiritueux, végan ou carné, simple ou sophistiqué… Les ouvrages de recettes font recette. Et les romanciers eux aussi en ont fait des personnages ! De la même manière que Chabrol dans chacun de ses films...

 

Mais les écrivains n’ont pas dit leurs derniers mots !

 

Que les nourritures terrestres et celles de l'esprit aient quelques affinités, on s'en doutait un peu depuis « Le Banquet » de Platon, où les plaisirs du banquet - le symposium, en grec - servent d'apéritif à de savoureuses joutes philosophiques, où la table devient le lieu parfait ou s'exprime notre oralité celle qui consiste à parler et à déguster.

Des métaphores aussi nous ont mis la puce à l'oreille : on « dévore » un livre comme on est saisi d'une soif ou d'une « boulimie » de lecture de même qu'on évoque une « littérature à l'estomac » ou une « écriture à l'os » (oui, comme le jambon). Sans parler de la « cuisine des jurys » en ces temps des prix littéraires. Et dans la littérature, les mots et les mets n'ont-ils pas toujours été à la noce ?

© Les Échos (22/10/2021)

Du « Banquet » à « Millenium », les écrivains se mettent à table...

10 saveurs littéraires :

La fouace de Rabelais, « Gargantua »

La madeleine de Proust, « Du côté de chez Swann »

L'Olla-Podrida (le Pot-Pourri) de Cervantès, « Don Quichotte »

La soupe aux poireaux de Marguerite Duras, « La cuisine de Marguerite »

Les tartelettes d'amandine d'Edmond de Rostand, « Cyrano de Bergerac »

La soupe de poissons d'Herman Melville, « Moby Dick »

Le thé du lièvre de Mars de Lewis Caroll, « Alice au Pays des Merveilles »

Le sandwich de Lisbeth Salander de Stieg Larsson, « Millenium »

La soupe de gruau de Charles Dickens, « Oliver Twist »

Le coq au vin de Madame Maigret de Georges Simenon, « Maigret »

Almanach des Gourmands servant de Guide dans les moyens de faire excellente chère par un vieil amateur Alexandre-Balthazar-Laurent Grimod de la Reynière. (né à Paris en 1758 et mort en 1837, est un avocat, critique théâtral, feuilletoniste et écrivain français qui acquiert la célébrité par sa critique spirituelle et parfois acerbe, ses mystifications et son amour de la gastronomie.)

Almanach des Gourmands servant de Guide dans les moyens de faire excellente chère par un vieil amateur Alexandre-Balthazar-Laurent Grimod de la Reynière. (né à Paris en 1758 et mort en 1837, est un avocat, critique théâtral, feuilletoniste et écrivain français qui acquiert la célébrité par sa critique spirituelle et parfois acerbe, ses mystifications et son amour de la gastronomie.)

Les aventures gastronomiques de nos grands écrivains :

  • Honoré de Balzac.

L'écrivain français était un gourmet assez original : apparemment une fois il participa à un riche banquet composé d'une centaine d'huîtres une douzaine de côtelettes deux perdrix entières un canard et un poisson. C'était pour le dîner : après cela il écrivit de minuit à midi le lendemain ne consommant que du café des œufs et des fruits. Il possédait un magasin de bonbons et il était fou de massepain.

 

  • Alexandre Dumas.

Lorsqu'il n'était pas occupé à écrire Les Trois Mousquetaires on pouvait facilement rencontrer Alexandre Dumas dans l'un des nombreux somptueux restaurants parisiens qu’il aimait fréquenter : dans un de ces établissements il avait même son propre salon privé. Son plat préféré cependant il aimait le créer tout seul au restaurant surtout s'il était en bonne compagnie. Il s’agissait en fait d’une vinaigrette ainsi composée : jaunes d'œufs durs écrasés dans de l'huile d'olive, cornichons en dés, anchois, blancs d'œufs durs, cerfeuil, thym, sel, poivre et vinaigre pour terminer. Il utilisait ce condiment pour assaisonner sa salade avec une pincée de paprika pour terminer.

 

  • Alexandre Dumas (Fils).

La pomme ne tombe jamais loin de l'arbre : le fils illégitime du célèbre écrivain était également devenu célèbre à Paris pour sa nourriture préférée qui était aussi une salade assez « élaborée » bien qu'elle ressemblait plutôt à un plat principal. La Salade Francillion était à base de pommes de terre rouges ramollies dans du bouillon de bœuf céleri haché beurre Chablis… et des moules vivantes ! Une fois prêt le plat devait être refroidi et servi froid.

 

  • François René de Chateaubriand.

Chateaubriand est désormais plus célèbre pour sa nourriture préférée qui porte son nom que pour ses œuvres. Ambassadeur de France à Londres il a créé le célèbre steak composé d'un faux-filet recouvert de beurre et de poivre puis grillé tranché assaisonné avec encore plus de beurre et de persil et avec une sauce béarnaise.

 

  • Alexandre Pouchkine.

Cet homme comptant parmi les plus célèbres poètes appréciait également se mettre à table. On lui attribue d’ailleurs la phrase « Ne remet pas au diner ce que tu peux manger au déjeuner ! ». Ceci dit, il serait difficile de le qualifier de gourmet absolu : il aimait tant les plats tarabiscotés de la cuisine française que la simple gastronomie campagnarde. Son ami poète Piotr Viazemski a quant à lui témoigné avoir vu Pouchkine engloutir 20 pêches d’affilée. Ce dernier vouait également une passion pour la confiture de groseille à maquereau et bien d’autres mets.

 

  • Agatha Christie.

La reine du genre policier Agatha Christie se distinguait non seulement par son talent exceptionnel mais aussi par son appétit indomptable.

Oui, et plutôt deux fois qu’une ! Dans ses souvenirs de petite fille, des rochers aux raisins, une cuisinière qui s’affaire toute la journée à confectionner de délicieux biscuits, des déjeuners de Noël peuplés de tartelettes au mincemeat et de Christmas puddings garnis de fruits confits. Plus tard, des pommes du Devon, des mûres qu’elle se lamentera de ne plus pouvoir déguster l’âge venant et de la clotted cream consommée à la louche et mélangée à du lait… Gastronome éveillée, lors de son tour du monde en compagnie d’Archibald Christie, elle tient à goûter aux spécialités et remarque qu’on peut trouver plus d’une dizaine de sortes de banane à Honolulu…

- Léon Daudet (1867-1942) -

- Léon Daudet (1867-1942) -

  • Léon Daudet.

Il faut saluer l’illustre polémiste comme un grand lettré, mais aussi un grand gastronome. Aimant la France d’une ardente et généreuse passion, il en comprenait tous les aspects. Éminent gourmand, il a consacré aux grands plats et aux vins de chez nous des pages enthousiastes, où la verve s’allie à l’érudition.

« Il y a quelques années, une autre bourde diplômée, celle-ci, je crois, américaine, avait imaginé qu’il fallait déjeuner d’une simple cuillerée de légumes, mâchée pendant un quart d’heure (ça s’appelle le fletchérisme), jointe à une bouchée d’une viande quelconque, mâchée pendant une demi-heure. A la suite de cette plaisanterie, on aurait remarqué – et je n’en suis point surpris – une recrudescence insolite des stomatites ulcérantes et des cancers de la langue. N’empêche qu’appliquée à l’aïoli, la méthode eût donné des résultats curieux. Mâcher de l’ail pendant une demi-heure, c’est ce que Forain appelait « se faire une bouche d’enfant ! ».

La conclusion, c’est que l’aïoli, ou mayonnaise à l’ail, honneur de toute bonne table languedocienne et provençale, est un sûr moyen d’échapper à la maladie et à la mort. On assure qu’il tue parfois les voisins, mais les gens qui prétendent cela sont du Nord et, par conséquent, assez hâbleurs.

Ce qui tue, c’est l’absence d’aïoli. Je ne vous ferai pas la honte de vous indiquer cette recette : ail, huile, mortier, pilon, un bon poignet, car il importe de tourner vivement. Dès que votre alimentation se ralentit, à la façon de Barbari-Bouchard, mon ami, zou, en avant pour l’aïoli !… »

  • Gustave Flaubert

Salammbô, à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar, les soldats que celui-ci avait commandés en Sicile se donnent un grand festin pour célébrer le jour anniversaire de la bataille d’Eryx :

« D’abord on leur servit des oiseaux à la sauce verte, dans des assiettes d’argile rouge rehaussée de dessins noirs, puis toutes les espèces de coquillages que l’on ramasse sur les côtes puniques, des bouillies de froment, de fève et d’orge, et des escargots au cumin, sur des plats d’ambre jaune. Ensuite les tables furent couvertes de viandes : antilopes avec leurs cornes, paons avec leurs plumes, moutons entiers cuits au vin doux, gigots de chamelles et de buffles, hérissons au garum, cigales frites et loirs confits. Dans des gamelles en bois de Tamrapanni flottaient, au milieu du safran, de grands morceaux de graisse. Tout débordait de saumure, de truffes et d’assa foetida. Les pyramides de fruits s’éboulaient sur les gâteaux de miel, et l’on n’avait pas oublié quelques-uns de ces petits chiens à gros ventre et à soies roses que l’on engraissait avec du marc d’olives, mets carthaginois en abomination aux autres peuples. La surprise des nourritures nouvelles excitait la cupidité des estomacs. Les Gaulois aux longs cheveux retroussés sur le sommet de la tête, s’arrachaient les pastèques et les limons qu’ils croquaient avec l’écorce... »

 

  • James Joyce.

Dans Ulysse, James Joyce évoque la richesse des plats traditionnels irlandais, dont le fameux ragoût à base d’agneau et de pommes de terre. Ce plat est profondément enraciné dans la culture et l’histoire de l’Irlande.

À goûter absolument : Le ragoût irlandais du restaurant Gallaghers Boxty House à Dublin mijoté pendant des heures.

  • Charlotte Brontë.

Dans ce classique gothique Jane Eyre, le gâteau victorien aux graines de carvi incarne les plaisirs sucrés des tea times anglais. Il reflète une époque où le raffinement des desserts était essentiel. À goûter absolument : Un cake aux graines, des scones et du thé...

Gravure sur cuivre coloriée à la main par le célèbre caricaturiste britannique James Gillray intitulée : « Der Gastronome Nach dem Mittagessen » ou « The Gastronome After Lunch ». Extrait de « Londres et Paris »

Gravure sur cuivre coloriée à la main par le célèbre caricaturiste britannique James Gillray intitulée : « Der Gastronome Nach dem Mittagessen » ou « The Gastronome After Lunch ». Extrait de « Londres et Paris »

Ce personnage tient à la main un menu montrant tout ce qu'il a consommé :

Ortolans - Foie gras – Poularde - Vins (qui représentent une grande partie de la facture) – Dessert !

La revue « Londres et Paris » fut publiée à Weimar entre 1798 et 1815 par l’éditeur Friedrich Justin Bertuch. Des correspondants allemands envoyaient directement de Londres et de Paris des copies d’estampes originales d’artistes renommés tels que Gillray et Rowlandson vers l’Allemagne, où elles étaient magnifiquement reproduites sous forme d’eaux-fortes coloriées à la main.

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