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Le bibliophile Heurtebise

Le bibliophile Heurtebise

Anciennement librairie Heurtebise, "le bibliophile Heurtebise" propose des informations culturelles en relation avec les métiers du livre, mais aussi des descriptifs de curiosités bibliophiliques. Actualités littéraires, critiques, salons, foires aux livres...


La bibliothèque patrimoniale de Dijon.

Publié par HEURTEBISE sur 20 Février 2026, 08:54am

Catégories : #Infos Heurtebise

La Bibliothèque patrimoniale et d’étude de Dijon (BPE) est une bibliothèque municipale classée, située au 3 rue de l’École-de-Droit à Dijon. Héritière à la fois de l’ancienne bibliothèque des Jésuites et des confiscations révolutionnaires, elle conserve des collections riches et variées, comprenant des monographies, manuscrits, incunables, livres d’artistes, estampes, photographies, affiches, cartes, et bien d’autres documents.

 

Petite histoire et rapide visite des collections de cette belle institution !

 

En 1581, Odinet Godran, président du Parlement de Bourgogne, fait don de son hôtel particulier aux Jésuites pour la fondation d'un collège. Les premiers membres de la Compagnie de Jésus s'installent en septembre 1581. Une première campagne de travaux débute vers 1585 sous l'impulsion du duc de Mayenne et de son architecte resté anonyme.

Bien avant la Révolution française, les Jésuites possèdent déjà une importante bibliothèque privée au sein du Collège. Elle est enrichie dès 1632 par Bernard Martin, seigneur de la Outre qui fait don de sa propre collection. Seulement, la bibliothèque n'est alors accessible qu'à un nombre restreint de personnes autorisées par le recteur.

Une seconde bibliothèque s'installe dans l'établissement en 1701. Pierre Fevret, premier conseiller clerc au Parlement de Bourgogne, lègue sa bibliothèque personnelle au collège. Il précise dans son testament que cette collection doit être accessible au public deux jours par semaine : le mardi et le jeudi. Il accompagne ce legs d'une rente annuelle de 120 livres destinée à l'entretien et à l'enrichissement régulier de la bibliothèque. Ce geste marque la naissance de la première bibliothèque publique de Dijon.

 

© DIJON MAG – N° 398 – Février 2026.

© DIJON MAG – N° 398 – Février 2026.

En 1795, le collège devient le siège de l’École centrale du département, qui prend le contrôle de la bibliothèque. À la suppression des écoles centrales, le décret impérial du 28 janvier 1803 transfère la gestion des bibliothèques aux municipalités. La bibliothèque de Dijon subit le même sort que les autres et devient ainsi municipale.

À partir de 1804, Jean-Baptiste Toussaint est nommé bibliothécaire. Il exerce cette fonction jusqu'en 1848 et joue un rôle majeur dans l'enrichissement des collections. Il dresse un premier catalogue et obtient de nombreux dons de la part d'érudits locaux, comme Philibert Milsand, qui lègue un important ensemble de brochures dijonnaises et bourguignonnes.

À la fin du XXe siècle, la bibliothèque compte plus de 100.000 volumes répertoriés. L'accroissement des collections rend nécessaire de nouveaux aménagements : les salles du Globe et du Tombeau sont alors créées dans la continuité de la salle Boullemier.

© DIJON MAG – N° 398 – Février 2026.

© DIJON MAG – N° 398 – Février 2026.

La Bibliothèque Patrimoine et Étude de Dijon conserve aujourd'hui plus de 500.000 documents patrimoniaux. Parmi eux, 60 000 sont accessibles en libre consultation...

Il s'agit approximativement d’ouvrages couvrant des domaines divers (droit, religion, arts, lettres…) dont 3700 imprimés au XVIe siècle, 10.000 au XVIIe et 25. 000 au XVIIIe qui concernent ce fonds. On peut y retrouver une collection de reliures remarquables dont l'édition avec planches peintes à la main de l'Histoire naturelle de Buffon.

La bibliothèque patrimoniale de Dijon.

Des manuscrits.

Cette collection compte plus de 4000 pièces dont certaines remontent au IXe siècle. Elle comprend notamment environ 300 manuscrits issus de l'abbaye de Cîteaux et une quarantaine provenant de l'abbaye de Saint-Bénigne de Dijon. Le fonds Pierre-Louis Baudot occupe également une part importante, puisqu'il constitue un ensemble de plus de 1300 documents du milieu du XIXe siècle. (Pierre-Louis Baudot, substitut du procureur général au Parlement de Dijon, puis avocat au Parlement de Paris. Archéologue et collectionneur. Sa collection de manuscrits passa à son fils Adrien Baudot, et sa veuve la légua à la Bibliothèque de Dijon en 1857.)

Des fonds d’archives.

La bibliothèque abrite une cinquantaine de fonds d'archives privées, dont ceux d'écrivains tel que Henri Vincenot, Gaston Roupnel ou encore d'ecclésiastiques comme Pierre Gras.

 

Des autographes.

Plusieurs fonds d'autographes sont conservés dont le fonds Stephen Liégeard dans lequel on retrouve une collection d'autographes de Rossini, George Sand ou encore une lettre d'Alfred de Vigny adressée à Victor Hugo à la mort de sa fille. Le fonds Muteau occupe également une part majeure dans cette collection.

 

Des incunables.

La bibliothèque possède 245 incunables en grande partie issus des confiscations révolutionnaires. Parmi eux figure le recueil des Privilèges de Cîteaux réalisé en 1491 par l'imprimeur Metlinger à la demande de l'abbé de Cîteaux, Jean de Cirey.

Car, Jean de Cirey fut le propagateur des nouvelles technologies de l’imprimerie : assisté de son secrétaire Conrad Leontorius, il commanda le premier livre imprimé à Dijon, en 1491, Collecta privilegiorum ordinis Cisterciensis (Privilèges de l’ordre de Cîteaux) sur les presses de Peter Metlinger installées, à l’époque, dans l’actuel quartier du... « Petit-Cîteaux » à Dijon.

 

Des collections iconographiques.

La BPE conserve entre 200 000 et 300 000 documents iconographiques : estampes, gravures, cartes et plans, affiches, photographies (y compris des plaques de verre), cartes postales, dessins, peintures, menus, etc.

Parmi les fonds notables, on retrouve le fonds Jehannin de Chamblanc composé d'environ 10 000 pièces dont 6000 estampes appartenant donc à Jean-Baptiste-François Jehannin de Chamblanc, conseiller au Parlement de Dijon (*). Le fonds Henry Druot alimente également l'importante collection de cartes postales (environ 45000).

(*) Jean-Baptiste-François Jehannin de Chamblanc naît à Dijon en 1722. Il étudie au collège Jésuite des Godrans (actuelle Bibliothèque patrimoniale et d'étude) puis à la faculté de droit. Il y reçoit une éducation et une culture classiques. Fils et petit-fils de conseillers au Parlement de Bourgogne, il est lui-même conseiller de 1741 à 1762, date à laquelle il résigne sa charge pour se consacrer à ses collections. Son hôtel particulier se remplit alors de tableaux, de livres, d'estampes, de dessins, de bronzes, de médailles, d'antiquités, d'instruments de physique, de minéraux et végétaux.

En 1790, Jehannin part en Suisse sur les conseils de son médecin. La maladie l'empêchant de revenir en France, il s'alarme de la dispersion de ses collections dans le cadre des saisies révolutionnaires. Par décret, la plus grande partie sera confisquée au profit de la ville de Dijon. En 1797, Jehannin meurt en Suisse sans avoir pu revenir à Dijon. La Bibliothèque de Dijon possède aujourd'hui un grand nombre de livres et d'estampes provenant de ce collectionneur.

- Hôtel particulier Jehannin de Chamblanc, 33 rue Jeannin à Dijon -

- Hôtel particulier Jehannin de Chamblanc, 33 rue Jeannin à Dijon -

Le fonds gourmand.

Depuis les années 1980, la Bibliothèque patrimoniale a constitué un important fonds documentaire consacré à la gastronomie, l'œnologie et aux arts culinaires. Il repose notamment sur le fonds Muteau qui regroupe plus de 1000 documents fournis ou encore le dépôt de 500 menus par Jean Bourgeois vers 1985 et enfin par l'acquisition de la collection Piat en 2011, comprenant 2463 menus donnés et 3144 achetés et qui couvre la période 1860-1940.

© Le bibliophile Heurtebise

© Le bibliophile Heurtebise

Deux curiosités à découvrir

Le globe

Le globe terrestre de Louis Legrand a été réalisé vers 1740 au couvent des Capucins de Dijon. D’un diamètre de 194 cm, il s’agit du plus grand globe conservé dans les bibliothèques et musées français, à l’exception des célèbres globes de Marly.

Entièrement manuscrit, ce globe est recouvert de dessins et de peintures réalisés sur papier, découpé en fuseaux, collé sur une structure en bois, puis verni. Il a été transféré au Collège des Godrans le 9 octobre 1793. Son pendant céleste, également réalisé à l’origine, a disparu lors du déménagement depuis le couvent des Capucins.

Le globe ne peut être déplacé de sa salle actuelle : il y a été installé avant la pose des fenêtres du premier étage du bâtiment, afin de garantir son passage.

Une première restauration a été entreprise en 1975 par Michel Morel, expert des instruments scientifiques auprès des Musées nationaux. Une seconde campagne de restauration a été menée en 2013, dans le cadre de l’Appel à projets pour le patrimoine écrit.

© La Bibliothèque Patrimoine et Étude de Dijon.
© La Bibliothèque Patrimoine et Étude de Dijon.

© La Bibliothèque Patrimoine et Étude de Dijon.

Les manuscrits de Cîteaux

Depuis la Révolution française, la bibliothèque municipale abrite un trésor médiéval inestimable provenant de l'abbaye des moines de Cîteaux. Les ouvrages les plus importants de cette collection sont des manuscrits du premier scriptorium, datant du début du XIIe siècle. Parmi les manuscrits les plus importants figurent la Bible d'Étienne Harding, les Morales sur Job du pape Grégoire le Grand, le commentaire d'Isaïe de saint Jérôme, le bréviaire et d'autres livres liturgiques tels que l'épistolaire, l'évangéliaire, le sacramentaire, le martyrologe et le collecteur de l'abbaye.

© Le bibliophile Heurtebise
© Le bibliophile Heurtebise

© Le bibliophile Heurtebise

Ce puits date de 1543, il provient d’une maison détruite en 1875 lors de l’agrandissement du Palais de justice. Il est redémonté en 1936 et a été encastré dans la cour d’honneur de l’ancien collège des jésuites.
Ce puits date de 1543, il provient d’une maison détruite en 1875 lors de l’agrandissement du Palais de justice. Il est redémonté en 1936 et a été encastré dans la cour d’honneur de l’ancien collège des jésuites.

Ce puits date de 1543, il provient d’une maison détruite en 1875 lors de l’agrandissement du Palais de justice. Il est redémonté en 1936 et a été encastré dans la cour d’honneur de l’ancien collège des jésuites.

© Le bibliophile Heurtebise - Dijon - Le palais des Ducs -

© Le bibliophile Heurtebise - Dijon - Le palais des Ducs -

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