La Société des Bibliophiles françois est une association de bibliophiles fondée à Paris le 1er janvier 1820 et toujours en activité de nos jours.
La naissance des sociétés de bibliophiles...
La Société des bibliophiles François est la plus ancienne société de bibliophiles française. Elle vise à valoriser les livres par la publication d’ouvrages inédits, en soutenant la production et les artistes ou la réimpression de chefs-d’œuvre de littérature.
Parmi ses membres figuraient Prosper Mérimée (1803-1870), le duc d’Aumale (1822-1897), Charles Nodier (1780-1844), Ambroise Firmin-Didot (1790-1876) ou encore Jérôme Pichon (1812-1896).
L’adhésion est sélective : en plus d'être passionné par les livres et de détenir une bibliothèque, deux membres doivent introduire le demandeur dans la société avant d’être accueilli par un nombre de voix favorable des admis. Une cotisation doit ensuite être réglée annuellement et contribue à l'impression des ouvrages.
Historique
La Société est fondée à Paris en 1820 sur le modèle du Roxburghe Club (*) , créé à Londres huit ans plus tôt.
D'après l'Annuaire des sociétés savantes de la France et de l'étranger (1846), « Le but de cette Société est de publier des ouvrages inédits ou au moins très rares, et ayant de l’importance pour l’histoire ou la littérature ancienne françaises. Quand cette importance est restreinte à un intérêt de curiosité, la Société se borne à tirer de l’ouvrage publié un nombre d’exemplaires égal à celui de ses membres ; quand, au contraire, elle publie un ouvrage lui paraissant de nature à entrer dans un certain nombre de bibliothèques, elle en tire des exemplaires en papier ordinaire destinés à être mis dans le commerce, mais réserve toujours à ses membres des exemplaires tirés sur grand papier ou sur vélin dont aucun ne peut être vendu. Chaque membre paît annuellement une cotisation. Il suffit, pour être admis dans la Société, d’aimer les livres anciens, d’avoir une bibliothèque et de se soumettre aux conditions imposées par les statuts, dont la première est d’être présenté par deux membres et nommé à la pluralité des voix. »
Les statuts interdisent aux libraires d'appartenir à la Société (Art. 4). Ils interdisent également « toute discussion politique » lorsque les sociétaires sont rassemblés (Art. 10).
(*) Roxburghe Club : est un gentlemen's club fondé le 17 juin 1812 à Londres, par des bibliophiles de premier plan. Son nom rend hommage à John Ker (1740-1804), troisième duc de Roxburghe, un célèbre collectionneur bibliophile de l'époque. Devenu une institution, ce club de quarante membres est toujours en activité.
Composition
À sa création, la Société des bibliophiles françois se composait de vingt-quatre membres au plus, parmi lesquels un président et un trésorier étaient annuellement nommés. René-Charles Guilbert de Pixerécourt fut l'un des huit membres fondateurs de la Société des bibliophiles français. (Voir photo).
De nos jours la société regroupe quarante membres, dont six femmes, auxquels s'ajoutent cinq associés étrangers. L'entrée dans la société se fait par cooptation.
Les présidents
1844-1894 : Jérôme Pichon
1894-1898 : Gustave Guyot de Villeneuve
1898-1916 : Paul-Henri Lanjuinais
1916-1918 : Émile Picot
1919-1943 : Alexandre de Laborde
1943-1945 : Edme Sommier
1945-1980 : Jean de Ribes
1980-2025 : Gabriel de Broglie
2026 Olivier de Luppé
Pour accompagner l’exposition qui célèbre le bicentenaire de la Société des bibliophiles françois, quelques-uns de ses membres reviennent sur son histoire, son activité éditoriale et ses collections contemporaines. Olivier Bosc, directeur de la bibliothèque de l’Arsenal, reçoit Gabriel de Broglie, Hubert Lebaudy, Olivier de Luppé et Anne-Marie Springer, membres de la Société des bibliophiles françois.
Publications.
D'après l'Annuaire des sociétés savantes de la France et de l'étranger (1846), « [la] Société des Bibliophiles françois a publié, de 1820 à 1838, 88 ouvrages dont le détail se trouve tome III, page 340, du Manuel du libraire ; en 1844, un volume in-folio sur les cartes à jouer orné de cent planches, tiré à 100 exemplaires en papier ordinaire et à 32 sur grand papier ; en 1845 l’Apparicion maistre Jehan de Meun, par Honorat Bovet (1398), un volume in-4° tiré à 117 exemplaires, dont 17 sur vélin. Enfin, elle a publié, en 1846, sur un manuscrit unique appartenant à un de ses membres, Jérôme Pichon, le Ménagier de Paris, ouvrage fort important pour l’histoire de la vie privée des Français et pour les statistiques de la ville de Paris au XIVe siècle. »
En 2020, le bicentenaire de la Société a donné lieu à une exposition titrée « Pour l’amour du livre : la Société des bibliophiles françois, 1820-2020 », visible à la Bibliothèque de l'Arsenal du 6 octobre au 6 décembre 2020...
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